L’Algérie a rendu, avant-hier soir, un vibrant hommage au chanteur et compositeur égyptien de l’hymne national algérien « Kassaman », Mohamed Fawzi (1918-1966), à l’Opéra Boualem-Bessaïeh, en décernant, à titre posthume, la médaille de l’ordre du mérite à son petit-fils, Omar Mounir Fawzi

, présent à la soirée dans le cadre de la célébration du 60e anniversaire de la composition de l’hymne national algérien (1956). La cérémonie s’est déroulée en présence du ministre de la Culture Azzedine Mihoubi, du président du Conseil de la nation et représentant du président de la République pour cette soirée, Abdelkader Bensalah, du ministre des Moudjahidine Tayeb Zitouni, du ministre de l’Environnement et des Energies renouvelables Fatma Zohra Zerouati et quelques figures artistique algériennes et égyptiennes. 

Le ministre de la Culture a déclaré, dans son allocution d’ouverture, que cet hommage décidé par le président de la République est un geste de gratitude et un remerciement envers ce grand artiste qui a offert à l’Algérie un des plus précieux cadeaux.
« Nous remercions tous ceux qui ont contribué de près ou de loin à soutenir le peuple algérien dans sa lutte et son combat contre le colonialisme français. Le cadeau que ce grand homme a offert à notre pays a été et reste un héritage pour l’Algérie » a-t-il dit. Ajoutant : « Ce n’est pas étrange que le Président ordonne cette initiative. Baptiser l’Institut supérieur de musique du nom du grand artiste Mohamed Fawzi, c’est une action forte, elle reste l’une des œuvres d’art les plus intemporelles qui révèle l’importance de la relation entre nos deux pays et entre les deux grands artistes Moufdi Zakaria et Mohamed Fawzi. »
Le ministre a rappelé, également, que l’hymne national algérien est l’une des plus belles chansons du monde reconnues par la musique militaire senior. « En 1996, « Kassaman » a été choisi dans une compétition mondiale, à Bruxelles, parmi cent autres hymnes officiels de différents pays », dira-t-il. Mihoubi a ensuite affirmé que la famille de Mohamed Fawzi a répondu sans hésitation à la demande du ministère de la Culture pour transférer la protection juridique de l’hymne algérien de la Société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique (Sacem) à l’Office national des droits d’auteur et droits voisins (ONDA), pour devenir une propriété ultime de l’Etat algérien.
Omar Mounir Fawzi a, quant à lui, tenu à remercier l’Algérie. « C’est une belle attention à mon grand-père. Je peux vous assurer qu’il a composé l’hymne national avec tout son amour», a-t-il confié. Abdelkader Bouazzara, directeur de l’INSM, a aussi indiqué que « suite à la décision du président de la République, dès aujourd’hui, l’INSM portera le nom de ce grand artiste, qui a composé l’hymne national et qui nous a donné comme cadeau l’un des symboles de l’Etat algérien.
C’est un geste immense. L’Algérie lui sera reconnaissante ». La soirée artistique a débuté avec l’interprétation complète de l’hymne national algérien par la troupe de l’orchestre de la Garde républicaine, qui a ensuite entonné les chants révolutionnaires «Djazaïrana » et «Min Djibalina». C’était après au tour d’un groupe d’artistes algériens, dirigé par le maestro Kamel Maâti, d’interpréter quelques-unes des plus belles chansons du compositeur égyptien, telles « Ahane qalbi fi dounia », « Baladi ahbabtouki ya baladi », « Ya salam salem », «Echouq hirni », « Fin elli chaghel bali »
et «Taaib el hawa bali».