Intervenant au moment d’une crispation avec la France, ancien colonisateur, le Conseil des ministres a comme attendu consacré de l’intérêt aux questions de mémoire et de l’histoire. Il a été rappelé la nécessité de donner de l’importance à l’histoire récente du pays comme autant de ciment social et d’élément de fierté pour les générations. L’institution de la Journée nationale de la mémoire le 8 mai annoncé à l’occasion de la commémoration du 75e anniversaire des massacres du 8 mai 1945 a fait l’objet de discussions concernant l’avant-projet de loi lié à cette date charnière de l’histoire de la Résistance nationale contre le colonialisme français. Lors du Conseil des ministres, il a été précisé que l’intérêt pour l’histoire du pays ne répondait aucunement à des réactions liées à l’actualité immédiate, mais bien à une prise de conscience au plus haut sommet de l’Etat de l’importance des questions de mémoire pour renforcer le sentiment national. Et que ces questions de fond ne sauraient accepter de verser dans la controverse. «L’intérêt accordé à la mémoire nationale sous tous ses aspects n’était pas motivé par des considérations conjoncturelles, mais qu’il s’agissait d’un devoir national sacré ne tolérant aucun marchandage et qui restera en tête des préoccupations de l’Etat afin d’immuniser la personnalité nationale, par fidélité aux martyrs de la glorieuse Révolution de Novembre et aux moudjahidine», a noté le Conseil des ministres. Les Algériens sont en droit d’avoir une Journée nationale de la mémoire, a dit le Président estimant que «notre histoire et notre fierté nationale ne sauraient faire l’objet d’aucun marchandage».
Le drapeau au fronton
Il a été rappelé à cette occasion «que l’amour de la patrie, l’attachement à la Déclaration du 1er Novembre et la vénération des martyrs constituent le dénominateur commun entre les Algériens». Un liant sur lequel il faudrait travailler en profondeur afin de perpétuer la flamme toujours ardente des Algériens envers leur révolution. Les Algériens ont d’ailleurs prouvé notamment durant le mouvement de contestation populaire durant l’année 2019 leur attachement à leur drapeau et aux symboles de la révolution au travers l’exposition des portraits des martyrs et des slogans de la révolution. Dimanche, en Conseil des ministres, il a été fait appel «à hisser le drapeau national au fronton de toutes les maisons lors des occasions historiques». Cette habitude remarquée dans d’autres pays lors des fêtes nationales et les anniversaires historiques est une tradition qui ne ferait que rajouter au sentiment nationaliste particulièrement fort et susceptible à traverser les générations.
Vers le lancement d’une chaine Histoire
Le Président a à cette occasion instruit le ministre de la Communication d’accélérer les procédures nécessaires au lancement d’une chaîne de télévision consacrée à la mémoire nationale et à l’histoire du pays. Une chaine de télévision qui se voudrait «de haut niveau et de renommée internationale». Le besoin du champ médiatique et culturel pour ce média n’est plus à démontrer. Un outil qui faisait visiblement défaut, notamment pour un pays à l’histoire riche et foisonnante. Un moyen qui pourrait être bienvenu notamment pour les historiens et ceux qui travaillent dans le champ historique. Et quoi de mieux que de parler de sa propre histoire et d’en faire la promotion si l’on ne voudrait que d’autres en usent et abusent.
Le président de la République a d’autre part salué «tous les pays frères et amis qui ont apporté aide et assistance» à la Révolution armée, citant, notamment «l’Allemagne fédérale et les citoyens français qui se sont soulevés contre la politique coloniale de leurs gouvernements et sont morts pour cette cause ou ont été torturés par les tortionnaires du colonisateur». Hommage a été ainsi rendu aux amis de l’Algérie, dont beaucoup de Français se sont sacrifiés pour l’Algérie indépendante. Des amis qui avaient l’Algérie chevillée au cœur et que les nouvelles générations se doivent de connaître. Tebboune a instruit le ministre des Moudjahidine d’accorder davantage d’intérêt «à tous ceux qui ont aidé l’Algérie dans sa révolution armée et de rétablir des liens directs avec eux». Et ce ne serait que justice.<