Le mouvement de redressement du Front de libération nationale (FLN) ne croit pas en la sincérité de l’appel de Djamel Ould Abbès, secrétaire général du parti, à la candidature pour un cinquième mandat du président de la République.

«À travers son appel, Ould Abbès pense à sa carrière pour se maintenir à la tête du parti et non pas au président de la République», estime à ce propos Hocine Khaldoun, membre du comité central du parti et ancien responsable de la communication.  Pour lui, l’actuel patron du FLN pèche par un manque de sincérité dans sa démarche, en ce sens qu’«il utilise son appel à un 5e mandat présidentiel comme subterfuge et ruse, pour éviter de rendre des comptes au comité central à propos des dérives dont il est accusé et de la mauvaise gestion du parti qui lui sont reprochées». «Pour fuir ses responsabilités devant le comité central, auquel il doit des explications par rapport à plusieurs questions et dossiers, comme la marginalisation des cadres, son mépris vis-à-vis de l’ensemble des instances du parti et des membres du bureau politique, Ould Abbès n’a rien trouvé de mieux que d’appeler à un cinquième mandat présidentiel», lance-t-il. Dans le même temps, Khaldoun qualifie d’«alibi» la mise en place de la commission du FLN chargée de recenser les réalisations et le bilan du Président. «Sur le plan de la forme, on voit l’allégeance d’Ould Abbès au président de la République, mais sur le fond c’est une position hypocrite de sa part pour rester encore et toujours à la tête du FLN», pense-t-il, tout en estimant que «le président de la République a de tout temps été un candidat du consensus et non pas un candidat du FLN». «Le Président n’appartient pas qu’au FLN, c’est le Président de tous les Algériens», insiste-t-il encore à ce propos. Hocine Khaldoun ne manque pas de revendiquer, à l’instar de plusieurs animateurs du mouvement dit de redressement, la tenue d’un comité central. « Nous revendiquons encore et toujours la tenue d’une session du comité central, maintes fois reportée par Ould Abbès, pour mettre sur la table l’ensemble des problèmes que vivent les militants du parti», dira-t-il, considérant «que le parti est pris actuellement en otage par Ould Abbès et nous refusons cet état de fait». Il poursuivra sa critique, dénonçant «énergiquement la prise en otage du FLN par Ould Abbès et ceux qui le soutiennent et qui ont vidé le parti de ses cadres les plus sincères». «Nous souhaitons le retour du FLN à ses vrais militants, ceux qui sont jaloux de lui appartenir et ceux qui souhaitent le bâtir sur de bonnes bases», conclut-il.