Si le ministère des Transports ne tient pas ses promesses, les organisations des transporteurs sont unanimes, les augmentations des prix du billet seront inévitables.

C’est du moins ce qu’a indiqué le président de l’ONTA, Hocine Bouraba, lors de son passage, hier, sur les ondes de la Radio nationale.
Le caractère inévitable de l’augmentation des prix des billets de voyage a été largement souligné, hier, par Hocine Bouraba, président de l’Organisation nationale des transporteurs algériens (ONTA), une organisation qui revendique, à l’échelle nationale, 22 000 adhérents parmi les chauffeurs de taxi, 41 000 parmi les transporteurs de voyageurs et 17 000 autres versés dans celui des marchandises.
En effet, dans son intervention, l’interlocuteur est revenu longuement sur la rencontre d’avant-hier, sur l’accord portant sur le maintien des tarifs du transport terrestre de voyageurs, où il a été convenu de maintenir « pour le moment », les tarifs, mais à condition que l’Etat tienne ses promesses, à savoir le gel de l’octroi des lignes privées du transport terrestre collectif de voyageurs, urbain et interwilaya.
Selon Bouraba, le ministère a promis également de geler l’octroi du carnet de places pour l’exploitation de l’activité du transport de voyageurs par taxi, ainsi que d’émettre une instruction qui permet l’octroi d’autorisations spécifiques aux opérateurs de transport public par bus pour le transport des citoyens désireux d’organiser des excursions. Il y a lieu de rappeler que l’année passée, les transporteurs ont décidé une augmentation des prix du transport public sans attendre la décision du ministère de tutelle, qui n’a réagi qu’au mois de février 2016. Ces augmentations de 10% fixées par le ministère du Commerce ont poussé les citoyens (usagers des transports en commun) de réagir en bloquant certaines routes. Outre ces mesures, l’orateur a demandé au ministère d’octroyer des allégements fiscaux, d’effacer les pénalités ainsi que de donner un échéancier à long terme aux transporteurs afin de payer leurs impôts. Continuant dans ce volet, il indiquera que « 70% des transporteurs n’ont pas payé leurs impôts, d’où la nécessité d’appliquer des mesures de facilitation». Pour lui, cette revendication est légitime puisque, soutient-il, d’autres en ont bénéficié. «L’ANDI accorde la franchise aux agriculteurs ou autres promoteurs… Pourquoi pas nous ? Après tout, nous assurons aussi une mission de service public», a-t-il argumenté.
Par ailleurs, dans le cadre de l’opération de renouvellement du parc national de transport, il a appelé l’Etat à appliquer l’exonération de la TVA et des taxes douanières lors de l’achat de bus, mais aussi un délai de pas moins de 10 ans pour le remboursement des crédits.

 

Une autorité de régulation en… stand-by
Toujours dans le chapitre du transport, le président de l’ONTA a affirmé que le transport de 12 millions de personnes par jour est assuré à 95% par les transporteurs collectifs privés. D’où la nécessité d’une autorité de régulation de transport comme il en existe dans les autres secteurs.
« Malheureusement, elle tarde à voir le jour et ceci n’est pas en notre faveur », a souligné Hocine Bouraba. Il a mis à profit cette opportunité pour récuser la thèse selon laquelle les transporteurs sont derrière l’hécatombe des accidents de la circulation.
« Faux, a-t-il tonné, car les études ont démontré que seuls 4% des sinistres sont causés par les transporteurs, et encore ! Ceci ne concerne que le transport interwilaya». Et pour y faire face, il a remis au goût du jour la question des mouchards dans les bus des lignes et se dit disposer « à assister les pouvoirs publics dans cette démarche afin d’endiguer le phénomène des accidents de la route».