Le journaliste, photographe et écrivain suisse, Charles-Henri Favrod, ami de la Révolution algérienne, est décédé dimanche à Morges à l’âge de 89 ans, a appris hier l’APS de l’entourage du défunt.

Né à Montreux en 1927, le défunt s’est intéressé à l’Algérie depuis 1952, année durant laquelle il réalisa son premier reportage sur la situation en Algérie pour le compte de la Gazette de Lauzanne. Il publia, en 1956, une interview de Ferhat Abbas, devenu par la suite, le président du Gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA). Charles-Henri Favrod, qui a aidé des militants algériens, en Suisse et ailleurs, joua un rôle important dans la prise de contacts en Suisse entre des responsables de la Révolution et les autorités françaises en vue des négociations qui déboucheront sur les accords d’Evian signés le 18 mars 1962. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages sur l’Algérie, notamment « La révolution algérienne » et « Le FLN en Algérie », publiés respectivement en 1959 et 1962. « Je dois beaucoup à l’Algérie. C’est elle qui m’a donné une conscience politique », témoigna-t-il. En outre, le défunt a suivi des études de lettres à l’Université de Lausanne. Il est devenu par la suite grand reporter à la Gazette de Lausanne et critique au supplément hebdomadaire La Gazette littéraire. Après une expérience à la radio, Charles-Henri Favrod a voyagé durant dix ans en Afrique subsaharienne et en Asie, et a travaillé également dans l’édition. En 1985, il créé le Musée de l’Elysée à Lausanne qu’il dirige jusqu’en 1996. Il aura également un parcours riche à la télévision et écrira de nombreux ouvrages sur l’histoire et la photographie. Outre sa fonction de producteur de cinéma et de télévision, il a animé, depuis 1987, la Fondation pour le patrimoine culturel algérien. Charles-Henri Favrod a reçu la médaille de la Reconnaissance algérienne. Son ouvrage «La révolution algérienne», paru chez Plon en 1959, a été réédité en Algérie aux éditions Casbah en 2007, et a été traduit vers l’arabe en 2010. R. C./APS