La Fondation Emir-Abdelkader a réagi au rapport remis par l’historien Benjamin Stora au président français Emmanuel Macron sur «les questions mémorielles portant sur la colonisation et la guerre d’Algérie». Un document censé faire avancer le débat entre les parties française et algérienne sur le «contentieux mémoriel» qui les oppose à propos de la période coloniale entre 1830 et 1962.
Par un communiqué de sa secrétaire générale, Mme Boutaleb, la fondation déclare son refus de la proposition de l’historien d’ériger une stèle à l’effigie de l’Emir Abdelkader à Amboise, commune française d’Indre-et-Loire, où il fut en captivité au château royal entre 1848 et 1852. Pour Zouhour Boutaleb, «la France officielle veut, semble-t-il, spolier le peuple algérien de son histoire et de sa mémoire plusieurs fois millénaires». «Si la France souhaite donner du crédit à ses intentions envers l’Algérie, il serait plus raisonnable qu’elle commence par la reconnaissance de ses crimes commis à l’endroit du peuple algérien et par la restitution de ses archives spoliées», préconise la secrétaire générale de la fondation. Mme Boutaleb a déclaré s’élever «fermement» contre la construction d’une stèle à l’effigie de l’Emir Abdelkader à Amboise, en France. Dans son communiqué, elle dénonce une «exploitation malveillante des fossoyeurs de l’histoire de l’humanisme et de l’esprit chevaleresque de l’Emir qui reste un homme d’esprit et d’honneur contrairement à ses adversaires».
«L’Emir Abdelkader reste le symbole éternel de la souveraineté et de l’unité de la nation algérienne. La puissance de la symbolique attachée à sa personnalité en tant que chef d’Etat et guide de la nation ne saurait faire l’objet de gesticulations inutiles. L’Emir Abdelkader, figure incontournable de la mémoire de la nation algérienne, reste sa propriété exclusive et inaliénable», écrit la secrétaire générale de la fondation.
Pour Zouhour Boutaleb, «l’Etat algérien doit affirmer son refus le plus catégorique à cette exploitation honteuse d’un symbole de la souveraineté nationale à travers une stèle de l’Emir Abdelkader sur le sol français».
En mars 2020, Avant que le Parlement ne vote la loi de proclamation par le chef de l’Etat, Abdelmadjid Tebboune, dès son investiture, de la date du 8 mai comme «Journée nationale de la mémoire», en hommage aux victimes des massacres coloniaux de 1945, la fondation Emir-Abdelkader avait proposé de proclamer le 27 novembre comme «Journée nationale de la résistance» comme date anniversaire de «l’allégeance au fondateur de l’Etat algérien moderne». Elle avait également préconisé la date du 26 mai jour de la mort de l’Emir.