Par Hamid Bellagha
Deux ans après la première irruption démocratique sur le bitume algérien, le Hirak estudiantin est toujours là. Même s’il est menacé par des infiltrations diverses ou d’une panne de moteur des réclamations qui ne se reproduisent pas. Grâce ou à cause des idées premières du mouvement qui ne se morigènent pas.
Et pour cause, les étudiants ont encore marché ce mardi. Une marche qui s’inscrit dans la continuité depuis des mois. Une marche qui a débuté, comme c’est devenu l’habitude, depuis la place des Martyrs pour rejoindre l’autre flanc du Hirak qui a démarré des hauteurs de la rue Didouche-Mourad. Cette fois, apparemment, les étudiants n’ont pas eu à user de subterfuges pour rejoindre la Grande-Poste, comme ils l’ont fait mardi passé. Ils ont, en effet, contourné les barrages de la police dressés sur leur chemin, à travers des rues de traverses comme celle de Bab Azzoun.
Si les entrées d’Alger étaient surveillées pour empêcher d’éventuels «renforts» d’étudiants en dehors de la capitale, la fluidité de la marche a été remarquée, et où des «étudiants de plus de 60 ans» avaient une place de choix. C’est que la marche du mardi, «réservée» d’habitude aux apprenants universitaires, depuis la reprise du Hirak est rejointe par d’autres personnes plus âgées. Une image de personnes qui n’ont plus l’âge de fréquenter les travées des universités, mais qui sont là chaque mardi pour donner de la voix aux plus jeunes. Une infiltration des uns, pensent certains, un coup de main bienvenu, selon d’autres.
Quoi qu’il en soit, et comme d’habitude, les mêmes slogans ont fusé pour réclamer le départ de tout le système, le rejet des prochaines législatives, le civil au lieu du militaire, et surtout des discours qui demandent «la soudure» des rangs, «parce que des intentions malveillantes veulent une scission du Hirak par des manœuvres dilatoires dans le régionalisme et le culte».
D’autres manifestants réclament «l’istiqlal», alors que certains veillent au grain en essayant de protéger la presse indépendante qui «a toujours accompagné le Hirak dans ses heures les plus difficiles».
Si les tentatives de distiller du venin dans le rang du Hirak n’est plus à démontrer, nous avons aussi eu des échos faisant état de manigances dans le but de placer des insiders parmi les catégories de ce même Hirak. Il y a eu aussi un «réveil» de certaines figures politiques qui veulent s’approprier le Hirak en se remettant sous les projecteurs après une absence que n’explique pas totalement la période de confinement due à la Covid-19.
L’autre particularité de ce Hirak estudiantin, le 108e du nom, est la halte opérée devant l’hémicycle Zighoud-Youcef, où le rejet des membres de la désormais ex-APN s’est fait ressentir.
Si le nombre des étudiants battant le pavé a baissé en nombre, la ténacité des participants et les demandes d’un changement radical, par contre, n’a pas baissé d’un iota. n