Les 27 personnes arrêtées lundi par les services de Sécurité à Kherrata et Beni Ourtilane et accusés d’appartenance au Mouvement pour l’autonomie de la Kabylie (MAK), déclaré «organisation terroriste», ont été présentées hier devant le juge d’instruction près le Tribunal Sidi M’hamed dont les alentours ont connu un renforcement du dispositif policier.

PAR NAZIM B.
Les concernés sont accusés d’appartenance au MAK et de tentative de «semer la fitna et la terreur auprès des citoyens, à l’instigation de parties établies à l’étranger», indique la Sûreté nationale, dans un communiqué rendu public avant-hier. La DGSN a relevé, dans le même document, que ses éléments «ont traité une affaire liée à ‘l’atteinte à l’unité nationale et à l’ordre public et incitation au rassemblement’, avec l’arrestation de 27 individus accusés d’appartenance à l’organisation terroriste MAK dans les villes de Kherrata et Beni Ourtilane et de tentative de ‘semer la fitna et la terreur’ auprès des citoyens et réactiver des cellules terroristes dormantes à l’instigation de parties établies à l’étranger».
Selon la DGSN, «les éléments de l’organisation criminelle ont recouru à l’agression et au hold-up de locaux commerciaux, suite à quoi 25 individus ont été arrêtés à Kherrata et 2 autres à Beni Ouartilane». «L’intervention des éléments de Police pour le rétablissement de l’ordre public et la protection des citoyens et des biens a permis d’arrêter les mis en cause. Des éléments de la Sûreté nationale ont été blessés par des jets de pierre et d’objets durs et tranchants», note le communiqué de la DGSN. «La perquisition des domiciles des mis en cause, sur ordre du Parquet territorialement compétent, a permis de récupérer des accessoires de tenues militaires, du matériel, un détecteur de métaux, des armes blanches, des cachets falsifiés portant la mention «a voté» et «a voté par procuration», des registres administratifs, des drapeaux du MAK et des téléphones portables», a conclu la même source. L’étau se resserre ainsi sur les militants de ce mouvement dont un mandat d’arrêt international a été lancé contre son président, Ferhat Mehenni, établi en France.
Le 26 août dernier, le Procureur général près la Cour d’Alger, Sid Ahmed Mourad, a indiqué que les investigations sur l’assassinat de Djamel Bensmaïl, à Larbaa Nath Irathen (Tizi Ouzou), avaient confirmé «l’implication d’éléments établis à l’étranger et une planification préméditée par le mouvement terroriste MAK pour créer un climat de terreur et d’instabilité». Il avait annoncé, par la même occasion, l’émission de mandats d’arrêt internationaux contre les commanditaires de ce crime, en tête desquels le président du mouvement terroriste MAK, Ferhat Mehenni». Le même procureur avait alors souligné que 83 suspects sur les 88 arrêtés dans cette affaire avaient été placés en détention provisoire. Parmi eux 1 mineur, 3 femmes et 24 membres du mouvement terroriste MAK, précisant que 4 d’entre eux ont été placés sous contrôle judiciaire.
Au mois de mai dernier, pour rappel, le Haut-conseil de sécurité (HCS) a classé le MAK et Rachad (islamiste) d’organisations terroristes. Le HCS «s’est penché sur les actes hostiles et subversifs commis par les mouvements dits Rachad et MAK pour déstabiliser le pays et attenter à sa sécurité, et a décidé, dans ce cadre, de les classer sur la liste des organisations terroristes et de les traiter comme telles», a indiqué un communiqué rendu public à l’issue d’une réunion périodique de cette instance consacrée à l’évaluation de la situation générale du pays sur les plans politique et sécuritaire. n