Hervé Renard, un architecte du succès en Afrique. Un sélectionneur qui n’est plus à présenter. Qui sera une attraction lors de la Coupe d’Afrique des nations 2017 au Gabon (14 janvier – 05 février).

Sacré sur deux (2012 avec la Zambie et 2015 avec la Côte d’Ivoire) des trois dernières éditions du prestigieux tournoi, il est très attendu avec le Maroc qu’il drive depuis le 16 février 2016.
Le sort a voulu qu’il croise le commando qu’il avait emmené jusqu’au sommet de l’Afrique il y a deux ans en Guinée Equatoriale. Avec le Maroc, il a été reversé dans une poule « C » qui renferme la RD Congo, le Togo et… la Côte d’Ivoire. Des retrouvailles qu’il ne semble pas appréhender car, pour lui, son ancienne équipe est « un adversaire avant tout, il faut laisser les sentiments de côté parce que, quand on est compétiteur, on a envie de battre tout le monde et même son meilleur ami ou celui qui est la personne la plus chère pour vous. C’est comme ça, c’est le sport qui veut ça.» En tout cas, dans un premier temps, Renard devra s’extirper de ce quatuor délicat pour commencer à rêver d’aller au bout avec la sélection marocaine. Pour l’ancien entraîneur du FC Sochaux et de Lille OSC (Ligue 1 française), tout est permis pour ce qui est d’une probable consécration. « On aimerait bien, mais c’est plus facile à dire qu’à faire. Quand on était arrivé avec la Côte d’Ivoire (lors de la CAN-2015, ndlr), on n’était pas dans une forme étincelante, donc c’est ce qui me fait dire que tout est permis dans une compétition comme une Coupe d’Afrique», s’est-il souvenu en indiquant que « le plus difficile, c’est ce premier tour avec la Côte d’Ivoire, la RD Congo qui sont deux grosses équipes, et puis le Togo.». Sur le papier, la sélection du royaume chérifien dispose de très bonnes individualités. Mais rien que dimanche soir, Sofiane Boufal (Southampton FC/ Premier League anglaise), un élément clé du onze, a dû renoncer, lui aussi, à disputer la messe gabonaise en raison d’une blessure au genou. La quatrième défection très importante après les forfaits de Amrabat, Tannane ou encore Belhanda. Néanmoins, le driver qui a souvent fait les yeux doux à l’Algérie garde fois en ses troupes. « On a des individualités qui sont très bonnes. Après, cela fait 15 ans que le Maroc n’a pas fait de résultat dans une grande compétition. Cela fait beaucoup donc il y a une attente énorme» rappelle Renard qui estime que le fait qu’il ait « eu beaucoup de réussite ces dernières années fait aussi que les gens pensent que ça peut faire seulement la différence. Mais ce n’est pas ça qui le fera, c’est l’état d’esprit de l’équipe, la façon dont on va aborder ces matches contre la Côte d’Ivoire, le Togo et la RD Congo», a-t-il jugé. Une pression supplémentaire avec laquelle il faudra composer. Pour le driver double champion d’Afrique, « ne pas aller en quarts de finale serait un échec.» Et le nouveau « Sorcier Blanc » assume le fait qu’il soit le capitaine à bord. « L’échec, c’est moi qui l’assumerais. Je ne suis pas allé au Maroc pour ne pas passer ce premier tour, même si on est dans une poule très très difficile. C’est à moi d’assumer», assure le Français. Le Renard n’a pas peur d’être devant la meute de Lions et il le fait savoir.