Le Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) est à pied d’œuvre, aux côtés des autorités algériennes, pour gérer le flux des réfugiés qui arrivent sur le sol national. Des réfugiés qui viennent de Syrie, de Libye et d’Afrique subsaharienne.

En effet, le bureau du HCR à Alger a, jusqu’à décembre 2017, recensé 252 réfugiés dont 82 enfants et enregistré 6 227 demandeurs d’asile, dont 2 408 pour le compte d’enfants, selon les chiffres fournis mardi par Marion Lesueur, chargée de la protection au HCR Alger, qui possède une autre représentation à Tindouf, s’occupant uniquement des réfugiés sahraouis. En ce qui concerne les 6 227 demandeurs d’asile, enregistrés au niveau du bureau d’Alger du HCR, ils sont à 91% des Syriens, le reste des demandeurs sont issus de la République démocratique du Congo, de la République de Centrafrique, de Côte d’Ivoire, du Mali, de Lybie et du Cameroun.
A la question de savoir pourquoi le nombre de réfugiés en Algérie est faible, le HCR explique : «Nous avons enregistré ces 252 réfugiés et 6 227 demandeurs d’asile parce que ces personnes se sont rapprochées de nous. Nous n’avons pas les moyens d’aller chercher les réfugiés, les candidats à l’asile, pour des raisons diverses. » D’autre part, Marion Lesueur a fait savoir que l’institution onusienne a lancé en Algérie des actions de sensibilisation envers des associations humanitaires et des médias pour informer l’opinion publique, les institutions étatiques, notamment la police et la Gendarmerie nationale, pour la prise en charge des réfugiés selon la Convention des Nations unies pour les réfugiés.
Justement, la gestion des réfugiés en Algérie est compliquée en l’absence de textes de loi, bien que notre pays soit signataire de la Convention de 1951, relative au statut des réfugiés, et du Protocole de 1976 relatif au statut des réfugiés. Or, aucun statut légal n’est octroyé au réfugié, d’autant plus que ses droits ne sont pas reconnus. Le HCR est chargé des procédures de détermination du statut des réfugiés et des activités de protection, selon Mme Lesueur, qui rappelle que « le gouvernement est en cours de rédaction d’un texte de loi pour encadrer la mission du HCR pour la prise en charge effective des réfugiés sur le sol algérien en se référant à la législation algérienne».
Sur un autre plan, le bureau du HCR alerte sur le manque de financement dont il souffre. En 2017, le HCR Alger a reçu une enveloppe de 35,5 millions de dollars. Un montant qui couvre à peine « 22% des besoins financiers », révèle Marion Lesueur, qui espère obtenir « des financements supplémentaires auprès de donateurs et bénévoles ». En 2017, le Commissariat des Nations unies pour les réfugiés a obtenu des dons auprès des pays et des donateurs privés pour un montant estimé à 4,7 milliards de dollars. « Jamais le HCR n’a eu un budget aussi important depuis sa création en 1951 », dit-elle. Une enveloppe destinée à prendre en charge les 66 millions de réfugiés éparpillés à travers le monde. Les principaux donateurs sont les Etats-Unis (266 millions de dollars), la Suède (76 millions), la Hollande (52 millions), l’Espagne (41 millions), le Japon (25 millions) et le Danemark (25 millions).