Soixante-quatorze ouvrages, entre actes de colloques, romans, dictionnaires ou recherches scientifiques, ont été publiés durant la période allant de 2014 à 2017 par le Haut-commissariat à l’Amazighité (HCA), une institution créée en 1995 avec pour mission de promouvoir l’amazighité, tant en termes de culture que de langue.

Une performance qui sera rendue possible, explique le HCA, grâce à une politique de coédition, initiée avec une dizaine de maisons d’édition, publiques et privées, notamment l’ANEP, l’ENAG ou encore les éditions Casbah, Tira et Voir par le Savoir. Le directeur du département enseignement et recherche Boudjema Aziri, rencontré en marge de la présentation il y a quelque temps de la réédition des actes du colloque «Massinissa, au cœur de la consécration du premier Etat numide», organisé à El Khroub en 2017 par le HCA, souligne toutefois que le travail d’édition est une mission secondaire de l’institution. «Le rôle du HCA est de mettre en place une stratégie afin de réhabiliter et promouvoir l’amazighité. L’édition est l’un des aspects de ce travail, bien qu’elle ne représente qu’une part relativement minime de notre budget», nous a-t-il fait savoir. Le HCA a, par ses propres moyens ou en collaboration, publié durant les quatre années citées, «74 ouvrages dont 14 traductions».
L’un des résultats étant la sortie en 2017 du «Grand Dictionnaire» (tamazight français, et français tamazight) en collaboration avec l’Enag, ou encore la réédition avec Dar El Otmania de l’intégrale de l’œuvre de Mouloud Mammeri, avec la traduction en tamazight de trois de ses principales œuvres, « Le Sommeil du juste », « Le Banquet » et « La Traversée ». Il ajoutera que cette orientation vers la coédition est intervenue après plusieurs années d’un travail d’édition «en solitaire» qui n’a, cependant, pas abouti aux résultats escomptés. «Nous avons commencé par éditer seuls dès 1998. Nous faisions la mise en page au niveau du HCA avant de nous adresser à un imprimeur. En général, nous éditions environ mille exemplaires, distribués gratuitement, mais cela n’avait cependant pas eu l’impact attendu». Cette «nouvelle» politique de coédition est « satisfaisante » pour les deux parties. Boudjema Aziri précise que la collaboration avec le HCA permet aux éditeurs d’obtenir de la « matière », des recherches scientifiques ou des manuscrits de qualité, car «en tant qu’institution, nous avons la capacité de capter cette matière à éditer pour le grand public, bien sûr, mais surtout des universités, grâce auxquelles nous réunissons les recherches. Nous les captons sous forme de consulting, c’est-à-dire que les chercheurs sont rémunérés». Cette action du HCA en faveur de l’édition s’explique, par ailleurs, comme étant l’une des conséquences de la situation du champ éditorial. Un secteur où la publication d’ouvrages en langue amazighe reste encore marginale. L’institution s’est néanmoins fixée plusieurs règles. «Le choix des textes à éditer se fait sur la base des besoins et ils sont très clairs.
A titre d’exemple, pour les recherches scientifiques, nous nous intéressons en priorité aux travaux de linguistique, puis les dictionnaires ou encore les travaux d’histoire en lien avec l’amazighité».n