Le Haut-Commissariat à l’Amazighité devrait bientôt signer une convention avec l’université Ahmed Draya d’Adrar. L’entente qui devrait intervenir dans quelques mois portera sur l’ouverture par le département d’Histoire de l’université d’une spécialité consacrée à l’étude du patrimoine – documents et manuscrits- relatifs au fonds amazigh en Algérie. Si elle aboutit, ce serait une première qui permettrait au HCA d’étendre son champ d’intervention et d’investigations en relation avec sa mission de promotion et de généralisation de l’enseignement et de la recherche en langue berbère.

Ce serait également une continuité dans l’action que mène le Haut-Commissariat en matière de réhabilitation de l’histoire ancienne algérienne qu’elle soit dans sa partie numide comme c’est le cas à travers le dernier séminaire organisé à Syphax ou dans sa partie musulmane comme c’est le cas également à travers l’initiative lancée d’aller collecter de vieux manuscrits amazighs en Kabylie et dans d’autres régions du pays. L’annonce d’une convention avec l’université d’Adrar est venue après le déplacement du secrétaire général, Si El Hachemi Assad, dans cette ville du Sud algérien pour un séminaire qui se tient du 26 au 30 décembre sur le thème de l’écriture et de la traduction vers et à partir de Tamazight, une question pour laquelle le responsable du HCA a vivement plaidé. « La traduction vers la langue amazighe est une priorité en cette conjoncture actuelle, et cette rencontre est une occasion propice pour la sélection des meilleures œuvres de traduction vers la langue amazighe, de manière à enrichir le patrimoine de la bibliothèque amazighe nationale », a déclaré Si El Hachemi Assad.

Intérêt pour les droits de l’enfance
Selon lui, la promotion de la langue berbère doit passer par un effort de traduction. Cet effort doit se faire à double sens : traduire des textes écrits en amazigh vers l’arabe et d’autres langues en usage dans notre pays, reprendre des textes écrits dans diverses langues par des versions traduites en amazigh. «Cela permettra d’échanger les connaissances et expériences, ainsi que de faire le point sur les efforts déployés dans la promotion de la langue amazighe», a souligné le secrétaire général du HCA. Pour ce séminaire sur la traduction, qui intervient après celui tenu à Tindouf sur les «variantes linguistiques en tamazight», le HCA a réuni un panel d’une quarantaine de traducteurs, linguistes, enseignants de la langue amazighe, d’hommes de lettres et de critiques. Ces experts interviennent dans cinq ateliers programmés sur quatre jours sur les «approches sur la généralisation de l’utilisation de la langue amazighe», «la traduction des publications de la littérature algérienne des langues arabe et française vers la langue amazighe», ainsi que la «traduction des textes fondamentaux du Conseil national des droits de l’Homme», «le contenu des sites électroniques» ministériels et institutionnels. Ce rendez-vous scientifique, a indiqué le secrétaire général du Haut-Commissariat, «s’inscrit au titre de la nouvelle orientation pour laquelle s’est engagé le HCA depuis 2014». Et de citer les trois grands axes que sont la «généralisation de l’utilisation de la langue amazighe dans le système national», «l’officialisation de la nouvelle fête amazighe (Yennayer)» journée chômée et payée, en sus de la mise au point de la loi liée à «la création de l’académie algérienne de la langue amazighe». En ce qui concerne les Droits de l’homme, «le HCA ambitionne d’accompagner les associations actives pour la promotion de l’enfance à la faveur de l’élaboration de programmes culturels créatifs usant de toutes les variantes de la langue amazighe», a indiqué son secrétaire général devant la déléguée à l’enfance, Meriem Chorfi invitée par le Haut-Commissariat et les autorités .Si El Hachemi Assad a également fait part du projet du HCA de traduire en tamazight des «documents référentiels liés aux droits de l’enfance».n