Le Haut Commissariat à l’Amazighité (HCA) organisera ce matin à l’Opéra d’Alger Boualem Bessaih la cérémonie de présentation du premier timbre postal à l’effigie de Mouloud Mammeri. Une initiative lancée en collaboration avec Algérie Poste

et qui sonne la clôture de l’année de la célébration du centenaire de la naissance de l’écrivain. Mais l’ultime rendez-vous est prévu pour les 30 et 31 décembre, en marge du Festival de l’Ahellil de Timimoun. L’oblitération du timbre-poste précède par ailleurs le lancement officiel du programme 2018 du HCA, dans lequel il sera notamment question de la promotion de la langue tamazight dans l’administration publique. En effet, contactés hier, les responsables du HCA nous ont expliqué que la cérémonie d’aujourd’hui – une date qui marque, jour pour jour, les 100 ans de la naissance de Mouloud Mammeri – sera l’occasion de présenter « un timbre postal d’une valeur de 50 dinars qui sera distribué à des centaines de milliers d’exemplaires (…) et devrait être disponible dès le 30 décembre dans l’ensemble des bureaux de poste du pays ». A propos des chantiers et projets du HCA pour la promotion de la langue tamazight dans la vie quotidienne, « dès demain à Timimoun, en marge du festival de l’Ahellil, nous avons programmé un workshop visant à valider des spécimens de documents rédigés en tamazight, notamment des factures d’eau, d’électricité ou encore des messages sonores diffusés par Air Algérie, par l’entreprise du métro d’Alger ou la SNTF (…) ». « Le but est de promouvoir la langue tamazight dans l’administration (…) par la suite, ces spécimens seront proposés aux entreprises et institutions concernées. Plusieurs sont d’ailleurs faits à la demande d’entreprises publiques qui espèrent les utiliser dès 2018 ». Le HCA rappelle que l’institutionnalisation de la langue tamazight ouvre naturellement la voie à ce type de projets. « Les tâches restant à accomplir pour la promotion de tamazight sont immenses (…) et cette promotion passera par notamment sa plus grande insertion dans l’environnement institutionnel et social de notre pays ». Quant aux célébrations du « centenaire Mouloud Mammeri », des commémorations placées « sous le haut patronage de son excellence le président de la République », elles ont été notamment marquées par l’organisation, en marge de la 22e édition du Salon International du Livre d’Alger, par un colloque international dédié à l’écrivain, où le ministre de la Culture Azzedine Mihoubi avait rappelé que le travail de Mouloud Mammeri avait volontairement été, et « durant des années », écarté des manifestations officielles. La célébration du centenaire « est la preuve de l’intérêt que porte l’Etat pour la personnalité et l’oeuvre de Mouloud Mammeri». «Les développements rapides qu’a connus l’amazighité, avec sa reconnaissance comme langue nationale et officielle, ont instauré un nouveau contexte favorable à sa promotion (…) comme langue mais aussi comme culture et patrimoine ». Il s’agira en 2018, nous ont expliqué hier les responsables, de publier l’ensemble des actes des colloques : « En 2018, nous lancerons une plateforme Internet où nous restituerons l’ensemble des activités organisées dans le cadre de la célébration du centenaire (…) Quant au travail de recherche, de collecte de documents, de photos, de vidéos en lien avec Mouloud Mammeri, il se poursuivra bien sûr l’année prochaine (…) cela sera publié ».
R. N