PAR MILINA KOUACI
Le décret présidentiel portant sur la nouvelle grille indiciaire des traitements et le régime de rémunération des fonctionnaires a été publié au dernier numéro du Journal Officiel. Le décret prévoit une augmentation de 75 points indiciaires pour tous les fonctionnaires.
A cet effet, un budget de 350 milliards de dinars (mds DA) a été affecté, dans le cadre de la loi de finances 2023, pour la prise en charge des augmentations salariales de 2,8 millions travailleurs de la Fonction publique.
Cette revalorisation sera versée au mois de mars prochain avec effet rétroactif à partir de janvier 2023. Les autorités ont décidé de revoir le nombre de points indiciaires en ajoutant 75 points en 2023 et 75 autres en 2024. Le même budget sera ainsi affecté durant 2024 à la prise en charge des salaires des fonctionnaires de la Fonction publique. Le niveau annuel oscille entre 4 500 dinars et 8 500 dinars, selon les grades.
Pour rappel, le président de la République Abdelmadjid Tebboune a décidé, en décembre dernier à l’issue d’un Conseil de ministres, une hausse salariale sur l’année en cours et 2024.
Une décision qui a été applaudie par les syndicats autonomes car elle est censée concrétiser l’une des revendications des travailleurs de la Fonction publique à contribuer à l’amélioration du niveau de vie de toutes les franges de la société et du pouvoir d’achat.
Toutefois, le partenaire social a explicitement appelé à l’augmentation de la valeur du point indiciaire pour permettre une augmentation significative ainsi que la création d’un observatoire national du pouvoir d’achat et de l’indice du coût de la vie. En effet, les syndicats de la Fonction publique, qui constituent la Confédération des syndicats algériens (CSA), exigent de relever la valeur du point indiciaire à 120 DA au lieu de 45 DA actuellement, pour améliorer la situation sociale des travailleurs.
Cependant, via, le Directeur général du budget au ministère des Finances, Abdelaziz Fayed, le gouvernement a justifié son choix portant sur l’augmentation du nombre de points indiciaires. «Nous n’avons pas opté pour la valeur du point indiciaire parce que cette mesure profitera essentiellement aux salaires les plus élevés. Mais avec cette formule d’augmentation de points indiciaires, les salaires les plus bas vont bénéficier de cette revalorisation».
«Une augmentation de moins de 5 000 dinars sera vite absorbée par l’inflation galopante et le pouvoir d’achat dégradé. Les augmentations salariales doivent être conséquentes pour améliorer la situation sociale des travailleurs de la Fonction publique», a plaidé un syndicaliste.
En décembre dernier, le Président a mis l’accent sur la nécessité d’aligner la grille indiciaire des salaires sur le pouvoir d’achat puis sur le soutien continu destiné à la catégorie socialement vulnérable, en tenant compte de la valeur du travail et du développement de la production en tant que principale référence pour la revalorisation des salaires.
L’année dernière, l’indice minimum a été augmenté de 50 points. Une augmentation jugée «dérisoire» par les organisations syndicales et qui a suscité la colère des travailleurs qui s’attendaient à une hausse salariale considérable. <