Le ministre du Commerce Kamel Rezig a « catégoriquement démenti » ce qu’il qualifie de « rumeurs » faisant état de pénurie d’huile de table. Le responsable, qui rassure quant à la capacité du gouvernement à fournir les marchés, dénonce une « campagne de désinformation malveillante.

Par Nadir Kadi
« L’année dernière, on parlait de pénurie de semoule et, aujourd’hui, la même bande nous parle de pénurie d’huile. Même si nous n’importons plus rien, nous avons des stocks d’huile de table qui suffiront jusqu’au mois de juin ». Et dans la même logique, le ministre du Commerce a ajouté que le gouvernement auquel il appartient a réussi « depuis un an et demi » à assurer l’approvisionnement du marché en priorisant la production locale. Le responsable n’écarte pas la possibilité de recourir à l’importation en cas de nécessité : « S’il y a le moindre manque de produits, et que nous ne pouvons pas le produire au niveau national, le gouvernement est prêt à recourir à l’importation. »
Le ministre du Commerce explique également, à propos de l’huile de table, que la persistance de ces « rumeurs » peut créer un déséquilibre du marché : « Ce qui se passe actuellement est de la spéculation et, malheureusement, des citoyens ont changé leur comportement en tombant dans le même piège que lors des rumeurs sur la semoule l’année dernière (…) Et si la consommation augmente à cause de ces rumeurs, il est clair qu’il y aura une pression sur le marché ». Kamel Rezig, en appelant ainsi les consommateurs à éviter « d’acheter plus que nécessaire », a communiqué plusieurs chiffres qui prouveraient que « la production d’huile est supérieure à la consommation (…) Nous consommons environs 48 000 tonnes par mois alors que la production en janvier était de 51 000 tonnes et en février 53 000 tonnes. C’est-à-dire qu’il y a environ 5 000 tonnes de plus que la consommation ». Les stocks seraient par ailleurs suffisants pour plusieurs mois de production et de consommation : « Il y a près de 94 000 tonnes de matière première dans les 6 usines d’Oran, de la capitale, de Rouiba, Béjaïa, Annaba et Souk-Ahras. Nous avons une douzaine de marques d’huile dont 10 subventionnées. »
Abordant par ailleurs la question des hausses des prix des produits alimentaires, le ministre du Commerce différencie ici deux catégories de « produits », en expliquant : « Il y a deux types de prix, ceux qui sont réglementés et les autres. En ce qui concerne les produit aux tarifs réglementés, je déments catégoriquement une quelconque augmentation. Les services du ministère du Commerce font des contrôles quotidiens ». Quant aux produits aux tarifs non réglementés, Kamel Rezig reconnaît une hausse des prix : « Il est vrai que les prix de certains produits ont enregistré des hausses. Il y a 10 mois, il y a eu une très forte hausse des prix au niveau mondial. »
Ainsi en donnant plusieurs exemples, notamment les pâtes alimentaires ou la viande de volaille, le ministre parle toutefois de situations conjoncturelles qui devraient, pour certaines, revenir à la normale. En ce sens, il explique que l’augmentation du prix des pâtes « qui ont enregistré des hausses comprises entre 10 et 40 dinars relève de l’interdiction de l’utilisation de blé subventionné. Les prix d’aujourd’hui sont les tarifs réels ». Quant au prix du poulet, le ministre explique que « la demande est importante alors que l’offre est plus limitée. L’année dernière, les prix étaient très bas, aux alentours de 200 dinars. Mais cela a eu un impact négatif sur la filière, près de 50% de ses professionnels n’ont pu continuer à travailler ». La situation devrait toutefois se stabiliser. « Nous avons lancé des opérations de contrôle au niveau des marchés et, depuis hier, les choses commencent à se stabiliser. Je rassure les citoyens il y a un stock de près de 10 000 tonnes qui sera mis sur le marché durant le mois de Ramadhan au prix de 250 dinars ». Même chose en ce qui concerne les prix de « certains » légumes : « Le citoyen doit savoir que le prix des légumes dépend de la saison, en hors-saison, il est clair que les prix augmentent, mais nous, en tant que ministère, nous somme intervenu pour faire en sorte que les prix restent acceptables ». Quant à l’échéance du mois de Ramadhan et la « traditionnelle » hausse des prix qui l’accompagne, Kamel Rezig fait savoir que le ministère du Commerce, au travers de la commission gouvernementale chargée de préparer le mois de Ramadhan, « a défini tous les paramètres pour assurer les quantités nécessaires sur les marchés». Des « promotions » sur certains produits devraient par ailleurs être proposées aux consommateurs au niveau des communes. Les « soldes » et « ventes promotionnelles » seront ainsi « officiellement annoncées » dans les « prochains jours », explique le ministre. Cette période de soldes débutera « dès la dernière semaine du mois de Chaâbane » et se prolongera « tout au long du mois de Ramadhan et durant les deux jours de l’Aïd ». La nouveauté cette année se situe au niveau de l’organisation : « Tous les commerçants de vêtements, de l’électroménager… pourront proposer des soldes sans demander la moindre autorisation durant cette période. »