Les prix à la consommation ont encore augmenté en cette période de rentrée sociale, alors que l’indice des prix n’a cessé de croître depuis maintenant une année, le rythme progressant de 2%, en 2019, à 2,4% en 2020, et à 4,1% en juin dernier, en glissement annuel.

Par Hakim Ould Mohamed
Biens de consommation alimentaires et non-alimentaires, produits frais, la facture augmente à tous les niveaux, agitant le spectre d’une inflation en forte progression. La ménagère peine à joindre les deux bouts, affaiblie par une fièvre inflationniste préjudiciable, aggravée par la hausse des besoins en financement, liée à la rentrée. Sur les étals des marchés, les prix des fruits et légumes se sont envolés, alors que la saison est de tradition propice à la baisse, notamment pour les produits de saison. Les viandes sont hors de portée, tandis que pointent à l’horizon de nouvelles dépenses liées à la rentrée scolaire et universitaire.
Sont particulièrement touchés par cette envolée des prix, les biens alimentaires, dont les produits agricoles frais, les biens alimentaires industriels et les consommables non alimentaires importés. Si la hausse des produits alimentaires frais trouve son origine dans la dérégulation des marchés domestiques, la spéculation et la multiplication des intermédiaires dans les transactions commerciales, la progression des biens alimentaires non industriels est en partie liée à la hausse des matières premières alimentaires sur les marchés mondiaux, combinée à une dépréciation de la monnaie nationale par rapport aux principales devises qui a marqué le précédent exercice. Pour le blé +43% et plus 13% pour les produits laitiers.
Pour ne citer que ces deux produits, dont l’Algérie est un des plus grands importateurs mondiaux, les cours mondiaux des produits alimentaires agricoles ont fortement augmenté depuis le début de l’année dernière, dans le sillage de la crise pandémique et le ralentissement du commerce mondial. Si ces hausses se sont traduites sur le marché domestique par une hausse des prix des produits industriels, l’augmentation des produits alimentaires frais ne peut être expliquée que par la dérégulation des marchés et le déficit de contrôle aussi bien sur les marchés de gros que sur les marchés de détail. Cela s’applique aussi bien aux produits agricoles frais qu’aux viandes, quoique la hausse des prix des viandes peut être justifiée également par l’augmentation de l’aliment de bétail et la hausse des coûts de production et les aléas climatiques pour ce qui est des viandes blanches. Pour ainsi dire, de la matière première plus chère, des coûts de production qui s’envolent, mais également des intermédiaires qui se multiplient sur la chaîne de commercialisation et un marché informel qui gagne de l’ampleur d’une année à une autre. Tous ces facteurs ont pesé sur la courbe de l’inflation, alors que se prépare une nouvelle période de monétisation des déficits et de renflouement des caisses des banques au moyen de la planche à billets.
Pour faire face à ces renchérissements des cours, le gouvernement suit la Banque centrale dans ses analyses, prônant une tolérance zéro à l’égard des intermédiaires et des spéculateurs, autorisant les agriculteurs à vendre directement leurs produits aux consommateurs, tout en relevant le niveau de vigilance et de contrôle au niveau des marchés de gros et de détail. Il est vrai que la dérégulation des marchés contribue à la hausse de l’inflation, mais la tendance est mondiale et héritée des conséquences de la pandémie sur l’offre, l’activité économique et le commerce international. A cela s’ajoutent les effets de la planche à billets qui carbure partout à travers le monde pour pouvoir soutenir une économie convalescente.