Par Bouzid Chalabi
Le marché local de certains matériaux de construction, et non des moindres, a connu une envolée des prix ces dernières semaines. Mais c’est surtout le rond à béton, le ciment dans ces différentes catégories, le bois et le plastique qui inquiètent les entrepreneurs du secteur des travaux publics.
A cet effet, le président de l’Union nationale du patronat et des entrepreneurs (UNPE), Mohamed Yazid Meliani, ne s’est pas fait prier pour monter au créneau, mettant particulièrement en avant, qu’en raison de cette flambée, des rectificatifs dans les cahiers des charges relatifs au marché accordé sur la base d’anciens prix s’imposent de facto. Il le fait d’ailleurs savoir à travers un communiqué de l’UNPE rendu public hier samedi. Ainsi le responsable de cette organisation patronale lance un appel aux ministères concernés, à savoir ceux des Finances, de l’Industrie et du Commerce, d’intervenir sur le terrain «afin de mettre fin aux pratiques illicites menées par certains opérateurs des secteurs cités ci-dessus», mentionne-t-il. D’après lui, «la spéculation a provoqué de lourdes pertes financières aux entrepreneurs. Selon lui, ces spéculateurs engendrent de lourdes dépenses aux entrepreneurs. Comme il a indiqué au confrère Echourok «ce qui demeure étonnant c’est qu’un matériau comme le rond à béton, produit localement, connaisse une hausse significative de son prix sur le marché local». Miliani a, par ailleurs, averti lors de sa sortie médiatique que «l’augmentation des prix des matières premières freine la cadence de réalisation des projets». Pis encore, «elle pousse les entrepreneurs à envisager de mettre à l’arrêt leur chantier, voire même déposer leur bilan avec toutes les conséquences que cela induit, notamment la mise au chômage technique du personnel». Le président de l’UNPE a, par ailleurs, fait part des doléances des entrepreneurs adressées aux hautes autorités du pays, consistant à mettre fin à la spéculation sur les matériaux de construction essentiels. Ils appellent aussi à «réactualiser les exigences des cahiers des charges de sorte que les entrepreneurs puissent revoir à la hausse le prix de cession du marché qu’ils ont gagné».
Notons enfin que Miliani a mis à profit cette même occasion pour saluer la décision du président la République Abdelmadjid Tebboune de geler l’exportation de matériaux de construction, objet d’une forte demande sur le marché local et que les exportations ne devront concerner que celles enregistrant un excédent par rapport à la demande locale. Il a fini par révéler que certains intermédiaires dans le marché local du rond de béton visent à acquérir de gros tonnages de ce matériau au prix sortie d’usine de 1,4 million de centimes le quintal pour le revendre à 2 millions au lieu de 1,6 million, comme fixé par le ministère du Commerce et de la Promotion des exportations. C’est pour dire le gros bénéfice que réalisent les intermédiaires dans le circuit de la commercialisation du rond à béton.