Par Sihem Bounabi
Sami Kolli, Directeur de la régulation et de l’organisation du marché au ministère du Commerce, a appelé les citoyens à porter plainte contre les commerçants qui augmentent illégalement les prix des produits essentiels plafonnés.
Intervenant sur les ondes de la Chaîne III de la Radio nationale, Sami Kolli appelle les consommateurs «à déposer plainte que ce soit au niveau des services du ministère du Commerce de wilaya ou au niveau de la police ou de la Gendarmerie nationale. Ce qui permet aux services concernés d’intervenir en temps réel». Le responsable au ministère du Commerce affirme que le fait que certains commerçants ont doublé le prix de vente de l’huile domestique, plus précisément celle produite à base d’huile de soja, est illégal car ce sont des prix plafonnés par l’Etat. Il ajoute que c’est le même principe pour d’autres produits tels que la semoule ou le lait, où il y a des variétés dont le prix est fixé à travers des textes réglementaires. Il ajoute que l’affichage des prix est obligatoire et que la réglementation prévoit également des sanctions contre les commerçants qui ne la respectent pas. Tout en reconnaissant que les produits de commerce ont connu une augmentation généralisée, à cause d’une année 2020 difficile qui a induit une hausse des cours boursiers, de la flambée du prix du fret maritime, cela ne justifie pas la hausse des prix de certains produits de large consommation plafonnés par l’Etat. Il pointe ainsi du doigt les spéculateurs qui créent des tensions sur ces produits essentiels à des fins mercantilistes.
Le Directeur de la régulation au ministère du Commerce estime que ce sont les pratiques spéculatives et les mauvais comportements de consommation qui sont à l’origine des tensions constatées sur le marché. Il illustre ces propos en déclarant que «9 tonnes de poulets et 59 tonnes d’huile, stockés à des fins spéculatives, ont été saisies par les brigades de contrôle durant les mois de janvier et février». Afin de lutter contre ce phénomène qui a pris une ampleur démesurée, ces dernières semaines, Sami Kolli affirme qu’en janvier et février, plus de 250 000 opérations de contrôle ont été menées par les brigades mixtes commerce-services de sécurité. Suite à ces opérations, plus de 20 604 infractions et plus de 19 435 procédures judiciaires intentées, souligne-t-il, en estimant que c’est «un bilan édifiant sur le travail mené par nos agents, surtout à la veille du mois de Ramadhan». Justement, à moins de deux semaines du mois de Ramadhan, connu pour être celui de la frénésie de consommations et béni des spéculateurs, Sami Kolli affirme que l’Etat a pris toutes les dispositions nécessaires pour la disponibilité des produits de large consommation, fabriqués en quantités suffisantes et même en surproduction par rapport aux besoins du marché local. Concernant la disponibilité de l’huile, qui est au centre de l’actualité ces derniers jours, le Directeur de la régulation au ministère du Commerce affirme que «le besoin national en huile est de 48 000 tonnes par mois. En janvier, 52 000 tonnes d’huile ont été produites et 53 000 en février». Il ajoute que l’Algérie dispose de 94 000 tonnes d’huile brut qui peuvent couvrir la demande de consommation jusqu’au mois de juillet prochain. Il indique que suite aux rumeurs qui commencent à circuler, créant un début de tension sur le sucre, que «le marché a besoin de 1 800 tonnes par jour alors que les capacités installées dépassent les 3 500 tonnes par jour. L’excédent de production est même exporté». Il enchaîne en assurant que «des enquêtes sont menées pour identifier les responsables de ces tensions sur le marché».
Concernant la disponibilité des fruits et légumes, il annonce que 1,600 million de tonnes de produits frais de saison et même hors saison vont être mis sur le marché une semaine avant le mois de Ramadan.
Quant à la disponibilité des viandes rouges, l’intervenant sur les ondes de la Radio nationale déclare : «Le Président de la République a donné des instructions pour importer des viandes rouges fraîches réfrigérées, ajoutez à cela l’apport des wilayas du Sud qui ont un fort potentiel. Deux opérateurs qui ont des abattoirs modernes ont été sélectionnés pour lancer l’opération à partir d’Adrar.» Il ajoute que d’autres dispositions ont déjà été prises pour garantir la disponibilité des viandes blanches. Finalement, pour lutter efficacement contre le phénomène de rétention de stock et de spéculation, Sami Kolli annonce que le ministère du Commerce prépare un amendement de la loi sur la concurrence et sera prochainement examiné en Conseil des ministres.