La hausse des prix des pâtes alimentaires qui s’affiche sur les rayons des commerces, ces derniers mois, ne concernerait pas toutes les marques activant dans cette branche, selon le Directeur général de la régulation et de l’organisation des marchés du ministère du Commerce, Sami Kolli. Les marques dont la matière première est subventionnée par l’Etat ne seraient pas concernées par cette hausse, a-t-il déclaré à l’APS.

«Effectivement, nous avons remarqué une hausse des prix de certaines marques de pâtes de 5 à 10 dinars le kilogramme, mais pas toutes», a fait constater M. Kolli dans une déclaration à l’APS, précisant que les industriels qui importent par leur propre argent le blé dur, matière de base pour la fabrication de la semoule et des pâtes, fixent le prix de ce produit alimentaire en tenant compte des cours sur le marché boursier international -qui avoisine actuellement 212 euros la tonne.
La version de ce responsable reste, néanmoins, à vérifier et à confirmer sur le marché où, d’abord, les augmentations de prix des pâtes alimentaires dépassent largement le seuil des 10 dinars, et où toutes les marques affichent des prix revus à la forte hausse depuis plusieurs semaines, hormis peut-être la semoule et la farine fabriquées par le secteur public.
Par ailleurs, les marques connues du consommateur algérien se font de plus en plus rares sur le marché, laissant place sur les étals à des marques inconnues auparavant et de moindre qualité, avons-nous constaté. La filière agro-alimentaire des pâtes et semoule avait connu un certain «dysfonctionnement» après la parution, en septembre dernier, des deux décrets dans le Journal Officiel n°52 relatifs à la levée de subvention sur le blé tendre et dur destinés à la fabrication d’autres types de farine, de semoule de blé, de pâtes alimentaires et couscous. Une décision qui avait pris les opérateurs de la filière au dépourvu, entraînant une tension sur le marché. «Mais tout est rentré dans l’ordre lorsque le ministère a annoncé, il y a une quinzaine de jours, le report de l’application de ce décret à une date indéterminée», a assuré M. Kolli, rappelant que le ministère du Commerce a prévu «une période transitoire supplémentaire avant la mise en vigueur de ce décret». De plus, le responsable de la régulation des prix a tenu à rassurer les citoyens sur «la disponibilité de la semoule et de ses dérivés sur le marché», réfutant les informations circulant sur les réseaux sociaux sur la pénurie de ces produits. Pour appuyer ses assurances, il dira qu’au terme de ce mois de novembre, les quantités de blé dur distribuées au profit des 135 unités industrielles de semoule et dérivés (couscous, pâtes…) dépasseraient les 2 millions de quintaux». Pour les mois de septembre et octobre «le blé dur distribué à ces semouleries avait atteint des quantités respectives de 1 782 000 et 2 050 000 quintaux», a-t-il ajouté, précisant que toutes ces quantités «ont été cédées au prix habituel (subventionné)».
De son côté, le président de l’Association nationale des commerçants et des artisans (Anca), Hadj Tahar Boulanouar, a admis une augmentation des prix de la semoule et dérivés chez «certains» industriels dès l’annonce du décret sur la levée des subventions sur le blé par le ministère du Commerce. «Il y a certains producteurs qui ont anticipé les choses par rapport à la publication de ce décret qui pourtant a été aussitôt gelé», a-t-il fait remarquer.
Evoquant la baisse du rythme de la production et le problème de transport provoqués par les mesures sanitaires anti-coronavirus, M. Boulenouar estime, néanmoins, que «rien ne justifie la hausse des prix des produits alimentaires par les producteurs, même pas la dévaluation du dinar et la hausse du coût de production invoquées par les industriels». Bien au contraire, «les producteurs doivent faire preuve de solidarité envers les citoyens surtout en ces temps difficiles marqués par la crise sanitaire mondiale», a conclu le président de l’Anca. n