Du côté de la Fédération nationale des taxieurs algériens (FNTA) comme celle des transporteurs de voyageurs et de marchandises (FNTVM), on est catégorique : une augmentation des prix à la pompe sera synonyme d’une revue à la hausse de leurs tarifs de prestation. Pour Hocine Othmani et Hocine Aït Brahim, membres du bureau de la FNTA, ainsi que Abdelkader Boucherit, président de la FNTVM, « ce réajustement des prix à la pompe va se répercuter avant tout sur les usagers ».
Ces derniers expliquent dans ce sens à Reporters que « ce sont les personnes qui usent souvent d’un taxi pour se déplacer et les opérateurs économiques qui vont se retrouver avec des charges de transport plus élevées ». Toujours dans ce même sillage, Hocine Othmani rappelle que « si le dernier réajustement des tarifs à la pompe, en 2018, n’a pas été suivi par une augmentation de nos prix, je doute fort que ça va être le même scénario cette fois-ci, d’autant que dans notre profession comme d’autres dont l’outil de travail est un véhicule léger ou lourd, il y a eu arrêt d’activité depuis l’entrée en vigueur des mesures de confinement instaurées depuis l’apparition de la pandémie du Covid-19 ». Abondant dans ce sens, Hocine Aït Braham indique : « Comment ne pas procéder nous aussi à une augmentation des tarifs de nos prestations après deux mois et demi sans revenus et même contraints d’honorer nos charges fixes, notamment celle inhérente à la location de la licence de taxi dont les propriétaires demandent expressément d’être payés, alors que nos taxis sont à l’arrêt.» Mais ce qu’il déplore le plus ce sont les 10 000 DA d’aide promise par le gouvernement aux taxieurs et transports impactés par les mesures de confinement qui ne sont toujours pas perçus par les bénéficiaires. Et Othmani d’enchaîner : « Nous avons besoin d’un prêt bancaire sans intérêt car ces 10 000 DA ne sauraient suffire aux dettes contractées par de nombreux d’entre nous afin de répondre aux besoins de nos familles et autres dépenses incontournables.»
Le président de FNTVM a pour sa part précisé cependant que pour l’heure : « Le réajustement des prix du carburant est relégué en seconde position, car ce qui taraude l’esprit de nos adhérents, c’est de savoir quand ils vont pouvoir reprendre leurs activités. On avait cru à la reprise le 1er juin, mais maintenant que le confinement a été prolongé jusqu’au 13 juin prochain, la tension chez les transporteurs est montée d’un cran. Et du coup, il nous sera difficile de contenir leurs colères ». Et de conclure : « On peut les comprendre, car il n’est pas évident de rester sans revenu. Il faudra bien que le gouvernement trouve les voies et moyens pour la reprise d’activités dans les transports tout en respectant les gestes barrières. Ce à quoi s’engagent les transporteurs de voyageurs. »
C’est d’ailleurs ce que confirment les deux représentants, qui ajoutent : « Dans le contexte actuel, la décision de la hausse des prix du carburant nous importe peu. Le plus urgent est la date de la reprise du service. » Comme Aït Brahim lancera : « Une décision fort attendue car nous sommes privés de notre seule ressource dans une conjoncture sociale difficile. » Et de déplorer dans la foulée : « Ce long arrêt d’activité a laissé le terrain libre aux clandestins. Ces derniers se sont prêtés à cette activité sans être inquiétés le moins du monde. » Rappelons que l’augmentation des tarifs prévue dans la loi de finances complémentaire adoptée dimanche à l’APN est de +3 DA/l pour les trois catégories d’essence et +5 DA/l pour le gasoil. Par conséquent, le litre d’essence normal passera à 41,94 Dinars, le super à 44,97 DA le litre, tandis que le sans-plomb atteindra 44 Dinars/l. Le prix du litre de gasoil, quant à lui, sera de 28,06 DA/litre. n