A défaut de pouvoir réguler le marché des fruits et légumes, entre autres, et mettre fin aux pratiques sauvages qui sont en train de détruire totalement le pouvoir d’achat des Algériens, le ministère du Commerce semble se plaire à multiplier les alternatives dont certaines sont tout simplement d’anciennes mesures prises par ses prédécesseurs, mais qui ont vite été abandonnées pour avoir montré leurs limites.
A l’exemple de celle que vient de prendre ce département en autorisant les commerçants à commercialiser, sans autorisation préalable et sans le recours à un mandataire, leurs différents produits directement aux consommateurs au niveau des marchés de gros et de détail. Une mesure dont les acteurs du marché relèvent aisément le caractère «populiste», à travers laquelle ses initiateurs «tentent une fausse solution à un vrai problème», fait-on remarquer. De leur côté, les associations évoluant dans la sphère commerciale multiplient les sorties pour tenter d’expliquer les raisons de la flambée sans trêve des prix de produits agricoles. Ils proposent par ailleurs des solutions théoriques sans aucun résultat sur le terrain. Bien au contraire, les responsables de ces associations continuent à discourir infatigablement et les faiseurs de cherté de la vie poursuivent leur chemin vers des prix toujours plus hauts qui ne laissent aucune marge de manœuvre au consommateur.
Dans cette logique, le Secrétaire général de l’Union générale des commerçants et artisans algériens (UGCAA), Hazab Benchahra, a imputé cette hausse, honteuse, au commerce parallèle qui constitue, a-t-il estimé, «une issue sûre pour les spéculateurs et les monopôles afin de vendre leurs marchandises et d’imposer leur loi». M. Benchahra s’était, auparavant, réuni avec le secrétaire général de l’Union générale des artisans algériens (UNPA), Mohamed Alioui, pour examen et débat de la situation et des derniers développements des départements marchand et agriculteur ou encore du secteur économique, en général, indique un communiqué de l’UGCAA. Les deux parties ont convenu de mettre en place dans le futur une stratégie et un plan d’action commun pour assurer «la coordination, la coopération et la concertation entre les paysans et les commerçants afin de maintenir la stabilité des prix des produits dits de large consommation», avec la nécessaire «implication des partenaires et des professionnels, en coordination avec le gouvernement, pour pouvoir contrecarrer toute forme de spéculation».
La question se pose toutefois de savoir de quelle procédure concrète, et efficace, comptent user les responsables de l’UGCAA et l’UNPA pour maintenir une stabilité des prix qui n’existe plus depuis déjà longtemps. Tout comme, d’ailleurs, le pouvoir d’achat du citoyen qui a rendu l’âme, laissant ce dernier livré à des achats sans pouvoir aucun. Ces responsables considèrent qu’il est nécessaire d’organiser «les marchés et de mettre en place des mécanismes à même d’éliminer le commerce chaotique et d’orienter ses acteurs vers un commerce légitime, en ouvrant des perspectives d’investissement dans les grands marchés commerciaux et en travaillant dans des coopératives conjointes entre agriculteurs et commerçants afin d’encadrer le marché parallèle».
Du déjà entendu à plusieurs reprises, loin, bien loin, du discours des prix. Et des spéculateurs qui n’ont jamais été réellement inquiétés. Sinon, ils auraient tempéré leurs appétits voraces depuis.