Par Bouzid Chalabi
En octobre 2020, le ministère de l’Agriculture et du Développement rural décidait d’une grosse opération de déstockage de la pomme de terre dans le but de stabiliser l’approvisionnement du marché de la consommation en proie à une forte tension. Cette année, et au même mois, une semblable procédure se répète. C’est à croire qu’aucune stratégie de production n’a été envisagée jusqu’ici pour tout au moins éviter la récurrence annuelle du déficit dans l’offre d’un produit végétal frais de très large consommation. Pis encore, devenu incontournable dans le quotidien de consommation de la population.
Il faut savoir qu’à la différence de l’année dernière, où le ministère avait annoncé que la quantité de pomme de terre qui sera déstockée, soit 99 000 tonnes à raison de 10 000 tonnes par décade, cette fois aucune indication sur le volume qui sera consacré à ladite opération. Le Département ministériel se contentant de faire savoir que c’est dans la wilaya de Mila que sera entamée la procédure.
En effet, on lit dans un communiqué du ministère publié sur sa page Facebook, jeudi dernier, qu’«il avait, à travers l’Office national interprofessionnel des légumes et viandes (Onilev), procédé le 7 octobre au déstockage de la pomme de terre dans le cadre du Système de régulation des produits agricoles de large consommation (Syrpalac) et ce, «dans le cadre de la régulation du marché pendant la période de soudure», a précisé la même source. Révélant en outre qu’après la première opération effectuée dans la wilaya de Mila, d’autres opérations vont se poursuivre au fur et à mesure pour toucher d’autres wilayas afin d’alimenter les marchés de gros», affirme le ministère. Ce dernier explique que l’opération de déstockage est effectuée pendant la période allant de mi-octobre à mi-novembre (période de soudure) lorsque la récolte de la pomme de terre fraîche commence à diminuer sur les périmètres cultivés de pomme de terre. «Cela afin d’assurer l’approvisionnement régulier du marché», est-il mentionné dans le communiqué. Comme il est annoncé enfin que l’entrée sur le marché de la pomme de terre d’arrière saison débutera fin novembre et se poursuivra jusqu’au mois d’avril.
En somme, la tension sur le tubercule va se poursuivre sur le marché mais de façon moins intense par l’effet de l’arrivée progressive et en petite quantité des productions des régions de Bouira, Tébessa, Laghouat et enfin Tiaret. C’est d’ailleurs leurs productions qui sont livrées au marché de gros. Autrement dit, le retour à la normal entre l’offre et la demande du prix sur les étals du détail fera son apparition à partir du mois de novembre prochain selon les prévisions des gros producteurs des wilayas phares dans ce type de culture, à savoir El Oued, Aïn Defla et Mostaganem.
De l’avis récolté au sein de la filière pomme de terre «quand bien même les rendements seront élevés, il ne faut pas s’attendre à une chute des prix, tant le coup à la production de la campagne actuelle a sensiblement augmenté, poussant les ‘patatiers’ à revoir leur prix à la hausse». Selon les estimations venant de cette filière «le seuil du prix de vente au détail attendu sera entre une fourchette de 45 à 65 DA» le kilogramme. Plus question donc d’une pomme de terre à 40 DA/kg et moins. Chose qu’appréhendent les foyers à faible revenu déjà sous le coup de surenchères sur les prix de denrées alimentaires. Les semaines à venir s’annoncent donc difficiles pour les ménages. n