Devant la nette augmentation des prix à la consommation en cours, le ministère du Commerce se devait de réagir en sa position de premier concerné par cette subite généralisation de la hausse des prix sur les étals des denrées alimentaires fraîches et conditionnées. Mais dans son dernier communiqué, il laisse plus d’un citoyen sur sa faim d’en savoir un peu plus sur les origines de cette vague de hausse des prix qui a fini par laminer des pans entiers de la population.
En fait, le ministère du Commerce dévoile, dans son communiqué paru sur sa page facebook, vendredi dernier, sa version à propos de l’augmentation des prix à la consommation observée sur tout le territoire national. Pour le département de Kamel Rezig cette hausse est due à plusieurs facteurs externes. Il est expliqué dans ce sens que «les prix exercés sur un grand nombre de produits de première nécessité ont considérablement augmenté ces derniers mois. Ce qui a conduit à la baisse systématique du pouvoir d’achat du consommateur algérien». A cet effet, le ministère annonce avoir pris des mesures urgentes afin de lutter contre ce renchérissement brusque des prix provoqué par la spéculation. En somme, c’est toujours la même riposte mais qui ne convainc pas les consommateurs qui s’interrogent : «si on connaît la cause pourquoi ce laisser-faire ?» A ce propos, faut-il rappeler que le Directeur général de la régulation des marchés du ministère du Commerce, Sami Kolli, avait affirmé lors de son dernier passage à la Radio nationale que plusieurs mesures sont en cours d’exécution avec pour but d’annihiler toute forme de spéculation. «De façon à rapprocher les produits du consommateur», avait-il indiqué. La démarche repose, explique Sami Kolli, sur l’application stricte des règles relatives à toute transaction commerciale, soit la présentation de document indiquant avec précision «d’où provient le produit (traçabilité) cédé par quel producteur et à quel prix l’a-t-il cédé au détaillant». Expliquant que «cela permet de suivre le parcours du produit et de la facture». Un procédé qui, selon le Directeur général, «garantit la protection du consommateur et son pouvoir d’achat». En outre, il a également affirmé que ses services œuvraient afin de contrôler les prix affichés. Dans ce sillage, il révèle que 1 800 interventions ont été menées sur différents points de vente. Tels que les marchés et les magasins. Il indique que ses services ont enregistré plus de 50 violations liées au monopole et à la spéculation sur les prix.
En définitive, c’est toujours les mêmes décisions qui sont prises mais sur le terrain que se passe-t-il en réalité ? La spéculation se fait timide le temps que l’opération de contrôle se termine et par la suite refait surface. C’est pour dire que la spéculation va continuer d’imposer son diktat tant que le circuit de la distribution n’est pas réglementé. C’est là un moyen efficace pour éviter des fluctuations à la hausse des prix au détail des denrées alimentaires. Et surtout de préserver le pouvoir d’achat des consommateurs en chute libre ces dernières années. B. C.