Les prix du pétrole ont augmenté leurs gains, hier, dépassant les 81 dollars le baril après que les producteurs de l’Opep+ se soient tenus à un objectif de hausse limitée de leur production. En même temps, les investisseurs semblent se rendre compte que la menace du variant Omicron sur la reprise de l’économie mondiale a été exagérée et que la hausse des contaminations ne nécessite aucunement le retour aux grands confinements du début 2020.
Les contrats à terme sur le brut Brent ont augmenté de 1,17 dollars, ou 1,46%, à 81,17 dollars vers 16H00, tandis que les contrats à terme sur le brut américain, le West Texas Intermediate (WTI), ont augmenté de 1,10 dollars, ou 1,43%, à 78,09 dollars. Les producteurs de l’Opep+, qui comprennent des membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) ainsi que la Russie et d’autres pays non-Opep, ont accepté, mardi, d’ajouter 400 000 barils supplémentaires par jour en février, maintenant ainsi la même cadence de hausse de la demande amorcée depuis août. Une décision sans surprise pour de nombreux analystes et observateurs. Le marché s’est montré plutôt calme, nourrissant même un certain optimisme, quand bien même les contaminations à l’Omicron vont de record en record partout à travers le monde. Les Etats-Unis ont signalé, lundi dernier, près d’un million de nouvelles infections au coronavirus, le décompte quotidien le plus élevé de tous les pays du monde et près du double du précédent pic américain établi une semaine plus tôt. Ces records de contaminations ne semblent plus inquiéter le marché pétrolier, tant il est vrai que la menace suscitée initialement par le nouveau mariant a été quelque peu exagérée. Dans de pareilles situations, alors que les contaminations sont en hausse et les producteurs confirment une nouvelle hausse de leur production cumulée, les cours auraient fléchi et le marché déprimé, faute de perspectives rassurantes. Or, ce n’est pas le cas, cette fois, puisque dans un contexte de forte reprise pandémique et de hausse de la production, les prix du pétrole progressent vers de nouveaux records, profitant de meilleures perspectives économiques et d’une sortie probable de la pandémie courant 2022.
Cependant, au chapitre de l’offre en pétrole, même si l’Opep+ a relevé son objectif de production, elle aura probablement du mal à l’atteindre, car des membres comme le Nigeria, l’Angola et la Libye ont de sérieuses difficultés à augmenter leur production. L’Organisation des pays exportateurs de pétrole n’a ajouté que 90 000 barils par jour en décembre, le coup de pouce de l’Arabie saoudite ayant été contrebalancé par les pertes en Libye et au Nigeria. Les difficultés de l’Opep+ à remplir son quota cumulé de production contribuent à soutenir les prix du pétrole alors même que les marchés mondiaux basculent vers une offre excédentaire. La production libyenne est à nouveau bouleversée après que le pays ait connu une année de reprise et de stabilisation. La production a commencé à faiblir après que les milices ont fermé le plus grand champ pétrolier du pays, Sharara, terminant le mois en baisse de 70 000 barils par jour à 1,06 million. Au Nigeria, Royal Dutch Shell a mis en garde contre des difficultés d’acheminement de pétrole brut depuis son terminal de Forcados – l’un des plus importants du pays – au cours des 10 derniers jours du mois. Le terminal de Bonny, également exploité par Shell, a également eu du mal à charger des cargaisons. La production du pays a baissé de 110 000 barils par jour à 1,42 million. Dix des 13 membres de l’Opep ont été autorisés à ajouter environ 250 000 barils par jour le mois dernier, mais leur augmentation combinée ne s’élevait qu’à 150 000. Alors que l’Angola a réussi une reprise modeste le mois dernier, sa production est en baisse par rapport à son quota autorisé par l’accord l’Opep+.
Ces contraintes ne concernent pas uniquement les membres africains de l’Opep, puisque la Russie, membre de l’Opep+, n’a pas réussi, elle non plus, à augmenter sa production de pétrole le mois dernier malgré une augmentation généreuse de son quota Opep+. Ces difficultés, liées dans certains cas à des problèmes d’investissements, pourraient contribuer à soutenir durablement les cours du pétrole. <