Des périmètres prometteurs où plusieurs découvertes de pétrole et de gaz ont été réalisées dans les zones de Bir Rebaa et Menzel Ledjmat, dans le bassin de Berkine, ainsi qu’à la périphérie de Hassi Messaoud notamment, et attendent leur développement à court terme, pour une augmentation de la production en volume de Sonatrach et de la hausse des investissements pétroliers en Algérie.

Par Khaled Remouche
La récente réunion présidée par le ministre de l’Energie Mohamed Arkab, qui a regroupé le PDG de Sonatrach, Toufik Hakkar, des cadres du groupe pétrolier, des responsables d’agence de régulation, a porté sur la mise en oeuvre de la nouvelle loi sur les hydrocarbures, synonyme de signature de contrats de partenariat avec les compagnies étrangères et de relance donc de l’investissement en matière d’exploration et de développement de gisements, indique le communiqué du ministère de l’Energie. Le texte nous apprend que le premier responsable du secteur a appelé à la finalisation des 3 textes d’application restants sur les 39 que doit approuver le Conseil des ministres. «Trente-six textes d’application dont 2 arrêtés sur 39 ont été finalisés, 21 textes sur les 36 ont été approuvés en Conseil de gouvernement», indique le communiqué. Ce qui veut dire que tous les textes d’application de cette nouvelle loi ne sont pas encore adoptés et signifie également que Sonatrach doit encore attendre pour pouvoir conclure ces accords de partenariat. La liste d’attente s’est élargie récemment avec la signature récente d’un accord préliminaire, prélude à la conclusion d’un nouvel accord ferme, une fois tous les textes d’application approuvés avec la firme chinoise portant sur l’exploration et le développement du gisement de Zarzaitine. Ce même genre d’arrangement avait été conclu avec l’ENI portant sur le développement d’un pôle pétrolier et gazier à Bir Rebaa et Menzel Ledjmat, dans le bassin de Berkine, avec les compagnies américaines Oxy, Chevron et Exxon Mobil. Toutes ces compagnies attendent la promulgation de tous les textes d’application pour se prononcer sur leur implication future dans le domaine minier national. A première vue, ces groupes pétroliers sont intéressés à investir en Algérie eu égard au caractère considéré comme attractif du nouveau cadre législatif qui encadre le secteur des hydrocarbures. Mais l’observateur averti de la scène pétrolière nationale pourra relever que ces compagnies étrangères ne vont investir en Algérie que si les périmètres qui leur sont proposés pour l’exploration et le développement sont attractifs, c’est-à-dire qu’ils permettent de dégager un taux de rentabilité intéressant.
En somme, il convient de noter qu’un an et demi après la promulgation de la nouvelle loi sur les hydrocarbures, les textes d’application ne sont pas prêts. Cette situation explique en partie le reflux des investissements étrangers dans le secteur des hydrocarbures ces dernières années. Autre explication, aucun appel d’offres n’a été lancé depuis plusieurs années en matière d’exploration et de développement de gisements de pétrole et de gaz en direction des compagnies étrangères. Il faut ajouter également que peu d’accords de partenariat ont été conclus depuis 2018 en raison de divers facteurs, l’attente de la promulgation de la nouvelle loi sur les hydrocarbures, celle des textes d’application de ce texte, l’instabilité managériale à la tête de la compagnie entre 2019 et 2020 et la conjoncture politique et économique défavorable en 2019 et 2020, Hirak, chute des prix du pétrole, crise sanitaire. Aujourd’hui, alors que les prix du pétrole sont à la hausse, au niveau de 68 dollars, favorables à des engagements en matière d’investissement dans l’exploration et la production, la législation, elle, n’est pas prête.

Sur 39 textes d’application, 36 finalisés et 21 adoptés
Il faut donc attendre le second semestre, voire le début de l’année prochaine, pour assister à la signature de plusieurs accords de partenariat synonyme de reprise de la dynamique d’investissement dans le secteur des hydrocarbures. Ces retards ne sont pas sans conséquences sur la croissance des revenus financiers de l’Algérie. Il faudra attendre minimum un an, voire deux à cinq ans, pour bénéficier des pleins effets de l’application de ces contrats fermes. L’orientation sera certainement de privilégier, dans cette reprise des investissements, les développements type ENI qui favorisent la production dans des délais plus rapides des gisements de pétrole et de gaz, en raison de travaux d’exploration et de développement antérieurs qui ont permis la découverte de nouvelles accumulations de pétrole et de gaz, mais non encore développées et exploitées. Ce qui veut dire que probablement Sonatrach ne va pas fonder sa stratégie court terme de reprise des investissements sur de nouveaux appels d’offres en matière d’exploration et de développement de gisements, mais sur des accords bilatéraux signés avec les compagnies étrangères qui demanderont moins de temps pour être conclus, les arrangements préliminaires signés ayant déblayé le terrain. Tout reposera en bonne partie sur ces nouveaux accords fermes mais, également, sur les fruits des contrats signés en 2018 avec en particulier, l’ENI, Total, Cepsa, BP et dont les résultats en matière de hausse de production de production seront sensibles en 2022-2023 mais, également, sur les efforts de développement de Sonatrach, seule dans la province du sud-ouest, la périphérie de Hassi Messaoud et dans le bassin d’Illizi.