Par Hakim Ould Mohamed
La production algérienne de pétrole brut se rapproche des niveaux de 2019, soit 1 million de barils par jour. Le rapport de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole de novembre révèle, en effet, une hausse appréciable de l’offre algérienne, due en partie à la levée progressive des restrictions de la production imposées par l’Opep+ depuis l’année dernière.
Les données contenues dans le rapport mensuel de l’Opep indiquent que la production algérienne de pétrole brut s’est établie à 949 000 barils par jour en octobre, selon des statistiques fournies par le gouvernement algérien, contre une production de 937 000 barils par jour, en septembre, et 921 000 barils par jour en août 2021.
L’offre de l’Algérie en pétrole évolue ainsi en tendance haussière sur les trois derniers mois, voire depuis le début de l’année en cours, puisque la production de ces trois derniers mois est en hausse par rapport à la moyenne des troisième, deuxième et premier trimestres de 2021. Au troisième trimestre de l’année en cours, l’Algérie a produit en moyenne 924 000 barils par jour, contre une production de 886 000 barils/jour au second trimestre et 874 000 barils/jour au premier trimestre, lit-on dans les données publiées par l’Opep, fournies par des sources directes, précise l’Organisation.

La production de cette année connaît, également, un mouvement haussier par rapport à la moyenne de 2020, année durant laquelle l’offre de l’Algérie était de 899 000 barils/jour. Depuis, l’Algérie n’a pas pu atteindre le volume pompé en 2019, estimé en moyenne à 1,023 million de barils par jour. La levée progressive dès cette année des restrictions de l’Opep+ a permis ainsi à la production algérienne de renouer avec les tendances haussières pour se rapprocher de ses niveaux de 2019. Cette hausse de la production vient s’ajouter à une progression des cours pétroliers mondiaux, une conjoncture qui, assurément, permettra à l’Algérie d’améliorer ses recettes en dinars et en devises et, par là même, de réduire ses déficits budgétaire et extérieur, tant il est vrai que les hydrocarbures pèsent pour les deux-tiers dans le budget de l’Etat. Ce n’est pas pour rien que le gouvernement tablait sur un retour à l’équilibre de la balance des paiements dès la fin de l’année en cours, car, en plus de la hausse des volumes produits, les prix du pétrole brut amorçaient à leur tour une tendance à la hausse depuis le début de l’année en cours. Les prix actuels ont bondi de 51% par rapport à la moyenne de janvier dernier et de 74% en glissement annuel. Ces deux mouvements haussiers observés, aussi bien sur la courbe de la production que sur celle des prix, sont, bien évidemment, les bienvenus pour l’Algérie en sortie d’un double choc coronavirus-chute des cours pétroliers qui n’ont pas été sans conséquences sur l’économie nationale. Quoi qu’il en soit, même si cette hausse est de nature à aider à résorber le déficit commercial et, probablement, celui de la balance des paiements, elle ne doit pas, néanmoins, occulter les vrais défis, à savoir celui de produire davantage afin de couvrir une demande interne qui évolue à vive allure et des parts de Sonatrach sur le marché mondial. Malgré cette hausse de la production, force est de constater que l’amont pétrolier et gazier continue de faire face à une situation de désinvestissement criante. L’impératif d’accélérer la mise en application de la nouvelle loi sur les hydrocarbures se révèle, à ce stade déjà, un impératif absolu. D’autant plus que le taux de croissance de la consommation énergétique continue d’évoluer bien plus rapidement que celui des réserves et des capacités de production à long terme. C’est l’un des paramètres de vulnérabilité de l’Algérie qui, en plus de l’impératif de relancer l’investissement afin d’améliorer les scores de production, se voit confronté à l’autre défi qui consiste à réduire la consommation des énergies fossiles à travers la diversification des sources d’énergie.