Le ministre des Finances, Hadji Baba Ammi, a conforté hier la Banque d’Algérie dans son évaluation sur l’origine de la fièvre inflationniste  de ces dernières semaines.


En effet, à une question qui évoquait hier, dans les coulisses du Conseil de la Nation, une hausse sensible du taux d’inflation, le ministre des Finances a imputé cette hausse à certains commerçants qui, selon lui, « ne respectent pas la loi ». Hadji Baba Ammi a indiqué en termes clairs que « la hausse des prix des produits
alimentaires n’est pas la faute au gouvernement, c’est la faute de certains commerçants qui doivent rentrer dans l’ordre. Nous allons renforcer le contrôle des prix des produits de base. C’est une mission du ministère des Finances ». Ainsi, le ministre des Finances ne s’éloigne pas trop des thèses développées récemment par la banque centrale pour qui, selon son vice-gouverneur, Djamel Benbelkacem, les vraies raisons de l’inflation sont à chercher plutôt sur les marchés des denrées alimentaires où la régulation et le contrôle des prix font défaut. Ainsi, face à une inflation qui flirtait dangereusement avec les deux chiffres en janvier dernier, atteignant un taux de 8,1%, les officiels chargent les commerçants qui, selon eux, sont à l’origine de la fièvre qui s’est emparée des étals. Il y a quelques jours, le vice-gouverneur de la banque centrale, Djamel Benbelkacem, ne croyait aucunement que la baisse du dinar en soit à l’origine. Nous ne sommes non plus, selon lui, dans la même configuration que 2012, lorsque la hausse de la masse monétaire a fait grimper le taux de l’inflation à des niveaux proches des deux chiffres. « En Algérie, la masse monétaire n’a augmenté que de 0,13% en 2015, contre 12 à 15% par an lors des années précédentes », argumente-t-il, pointant du doigt un déficit d’organisation dont souffrent les marchés et une mauvaise régulation des produits et consommables entrant dans le calcul de l’inflation. Hier, c’était au tour de l’argentier du pays d’apporter de l’eau au moulin de la plus haute autorité monétaire, s’engageant à y remédier en renforçant le contrôle des prix des produits alimentaires de base. L’institution de Mohamed Loukal a tenté à maintes reprises d’attirer l’attention sur « les dysfonctionnements du marché et notamment dans celui des produits agricoles frais caractérisé par une traçabilité limitée des transactions, la multiplication des intermédiaires ainsi que par sa faible régulation ». Une question s’impose : le dysfonctionnement des marchés serait-il tout compte fait l’unique source d’une inflation qui galope et qui a atteint en janvier 8,1%, contre un taux de 6,4% en décembre ? Pour bon nombre d’économistes, le bond de janvier pourrait être expliqué par un contexte de mise en œuvre de certaines dispositions fiscales de la loi de finances 2017, alors que les ingrédients favorisant l’inflation de 2016 subsistent encore, à savoir le renoncement graduel à la politique des subventions, la dépréciation du dinar et les restrictions à l’importation. Pour d’autres économistes, les tentations de création monétaire (planche à billets) pourraient jouer le rôle de facteurs aggravants durant l’actuel exercice.