Environ 40 employés exerçant en tant que gardiens à l’Entreprise nationale de génie civile et bâtiment (GCB), filiale de Sonatrach, exercent leur fonction dans des conditions extrêmement pénibles. Ils lancent un cri de détresse.

De Hassi Messaoud, Ghellab Chahinez
Ces gardiens contractuels travaillent à la base de vie 360 à Hassi Messaoud, mais ils sont chargés de surveiller les engins et équipements sur chantiers, à plusieurs kilomètres de la base de vie.
Ils affirment assurer leur mission dans des « conditions extrêmes », « sans eau » et « sans la moindre protection » du soleil et des vents. Ils sont transférés vers ces chantiers à ciel ouvert, quotidiennement, de 13 heures au lendemain 6 heures et ce durant 41 jours contre 15 jours de repos. Ils travaillent durant ce temps sous un soleil de plomb et une chaleur en cette période de l’année dépassant souvent les 55°C à l’ombre. Les employés, affirment-ils, n’ont pour s’abriter des rayons de soleil brûlants que les engins et équipements.
Les plus chanceux d’entre eux recevront, durant leur service, une boîte de thon, du fromage et du pain. Les autres auront des légumes qu’ils feront cuire eux-mêmes. Pour l’eau, c’est une autre histoire. Les gardiens prennent avec eux des jerricans pleins qu’ils maintiennent dans une couverture pour préserver la fraîcheur de l’eau.
En plus des risques durant la nuit en raison de l’absence de postes de sécurité, les travailleurs sont confrontés aux morsures de serpent et des piqures de scorpion et à des attaques de bandes de voleurs. Ils ne disposent ni d’abri ni d’armes ni de moyens pour y faire face afin de se protéger eux-mêmes ainsi que la protection de l’équipement, ont-ils dénoncé reprochant à leur employeur de ne pas leur assurer la sécurité nécessaire.
Provenant de plusieurs régions du pays, à savoir Ouargla, El-Oued, Tlemcen, Tébessa, Touggourt et El Borma, ces employés qui exercent dans les chantiers de Haoud Etamr, Base Irara et route 24-Février, à Hassi Messaoud, ont dénoncé l’indifférence et « la sourde oreille » affichées par les responsables locaux de l’entreprise concernant la satisfaction de leurs revendications. Ils insistent surtout sur l’installation de postes de gardiennage qui répondent aux normes de sécurité, climatisés et équipés de fontaines fraîches. Ils espèrent, cette fois, attirer l’attention des hauts responsables sur les conditions et les dangers qu’ils encourent.
« J’ai besoin d’argent, je suis obligé de supporter », c’est la phrase que nous lance amertument un des gardiens. Pour un salaire de 30 000 à 58 000 DA, des employés supportent de bosser 41 jours dans des conditions extrêmes. Ils travaillent sous plus de 55°C et dorment à même le sol, sous les engins et à ciel ouvert. Pourtant, ils ont tenté à maintes reprises d’attirer l’attention des responsables au niveau local, en vain.
Nous avons essayé de joindre, jeudi matin, les services concernés à GCB, mais sans réponse. n