Par Nadir Kadi
Au lendemain de la création officielle du Conseil du renouveau économique algérien (CREA), une nouvelle représentation patronale réunissant, pour l’heure, près de 70 entreprises publiques et privées, dont Sonatrach, Sonelgaz ou encore la Banque extérieure d’Algérie (BEA), le vice-président du regroupement, Hassen Khelifati, PDG d’Alliance Assurances, a fait savoir hier que le nouveau syndicat comptait incarner la rupture avec les anciennes pratiques en suivant une ligne apolitique. Le responsable, interrogé par la chaîne Echourouk News, ajoute que l’objectif est aujourd’hui «d’accompagner» l’élaboration des réformes économiques, tout en «participant» aux prochaines rencontres et «probables» tripartites entre syndicats, patronat et gouvernement, afin que 2022 soit «l’année du décollage économique».
Le responsable précise en ce sens que la création du CREA, présidé pour les trois prochaines années par le directeur général des laboratoires Vénus, Kamel Moula, marque la rupture avec les «anciennes pratiques», pointant entre les lignes les agissements frauduleux de certains membres de l’ex-FCE. Hassen Khelifati déclare, en effet, «nous sommes ni pour ni contre qui que ce soit. Notre syndicat ne sera pas là pour distribuer les prêts, le foncier ou les rendez-vous avec les ministres et les walis. Notre mission sera d’accompagner l’évolution de l’économie nationale et des réformes structurelles».
Le CREA, qui se veut totalement apolitique, se donne dans cette logique une mission exclusivement économique de représentation des intérêts et des visions des opérateurs économiques privés et publics : «Je pense que la création de ce nouveau syndicat est le résultat de la situation économique du pays. Nous n’avons pas trouvé de porte-voix capable d’instaurer la confiance parmi les opérateurs économiques».
Quant au rôle plus conjoncturel que souhaite avoir le nouveau syndicat patronal, il s’agit, en substance, d’accompagner et de suivre la politique de réforme du gouvernement et notamment en ce qui concerne le cadre légal et organisationnel : ««L’année 2022 sera celle du décollage économique. Il y a des projets de réforme structurelle mais aussi sectorielle. Nous voulons lutter contre la bureaucratie, libérer l’initiative, diversifier l’économie nationale…». En ce sens, Hassen Khelifati, qui fait savoir que des rencontres sont prévues entres les différents acteurs économiques du pays, indique : «Il y aura des échanges entre les opérateurs, les syndicats, les associations. Il est très probable que des tripartites soient organisées dans les prochains mois.» Il évoque également, mais sans plus de détails, l’existence d’une certaine crainte quant au contenu des réformes à venir : «Nous ne voulons pas que les réformes se fassent sans nous et encore moins contre nous. Nous voulons être des acteurs de la politique de réforme.»
Le vice-président du CREA estime, par ailleurs, que la structure qu’il représente est un cadre inédit de proposition : «Le CREA est le résultat de luttes. C’est le premier syndicat qui est créé en réunissant dès le début les secteurs privé et public. La vision aujourd’hui est qu’il n’y a pas de différence entre les deux secteurs mais aussi entre les petites et les grandes entreprises.» Il apparaît en ce sens que le syndicat sera ouvert à de nouvelles adhésions et notamment «…aux entreprises mixtes, l’essentiel est qu’elles travaillent en Algérie et soient soumises à la loi du pays».
Quant au secteur plus spécifique des assurances, Hassen Khelifati, également PDG d’Alliance Assurances, a estimé hier que l’engagement des réformes était maintenant urgent : «Nous sommes très en retard dans ce secteur». Le même responsable, qui se félicite de la nomination de Abderrahmane Raouya aux Finances, ajoute également que les précédentes discussions avec le Premier ministre et ancien ministre des Finances Aïmene Benabderrahmane avaient abouti à une nouvelle élaboration de la loi sur les assurances : «Nous avons franchi de nombreuses étapes avec le Premier ministre, ministre des Finances A. Benabderrahmane, particulièrement en ce qui concerne la réforme du secteur des assurances. Nous avons eu de longs échanges. Il a notamment été décidé de revoir l’élaboration de la loi sur les assurances. Nous n’avions pas été consultés pour l’élaboration du projet, il sera de nouveau discuté.» <