Le directeur en charge de la migration au ministère de l’Intérieur Hassen Kacimi a donné hier certains détails sur les groupes de « migrants » syriens, yéménites et palestiniens qui ont été reconduits à la frontière récemment et dont l’affaire suscite une controverse notamment pour des questions «humanitaires ».

Lors d’une interview accordée à notre confrère TSA, M. Kacimi affirmera que «nous assistons depuis 5 mois à des mouvements très suspects au niveau des frontières du Sud avec le Mali et le Niger ». L’Etat se devait de réagir, dira Hassen Kacimi, qui confirme l’interception de 150 Syriens, de Yéménites, dont un petit nombre de Palestiniens. Pour le responsable du ministère de l’Intérieur, « il y a volonté de déplacer des conflits externes vers le territoire algérien », dira Kacimi qui affirmera que ces groupes suspects « arriveraient par groupes de cinq et essayaient de s’infiltrer sur le territoire national » en contournant tous les dispositifs de contrôle mis en place. « Les interrogatoires ont confirmé des informations très compromettantes concernant la sécurité de nos frontières et la stabilité du pays », soulignera-t-il. Kacimi donnera des détails sur l’itinéraire de ces «migrants » venant de Syrie, particulièrement de la ville d’Alep. Des individus qui appartiennent aux groupes terroristes Jabhat Al-nossra, Daech, l’armée syrienne libre, affirma-t-il. « Ils sont venus par avion par la Turquie vers le Soudan où ils se sont procuré des passeports soudanais, ensuite ils ont rallié la Mauritanie, pourquoi ces gens-là n’ont pas demandé la protection internationale dans tous ces pays traversés ? », s’est interrogé le responsable du ministère de l’Intérieur. « Ce qui est encore plus grave c’est qu’ils se sont déplacés au nord Mali sous escorte de groupes terroristes », révèlera Kacimi. Ces individus suspects ont essayé ensuite de pénétrer dans le territoire algérien à travers Ain-Khalil, une localité frontalière infestée de contrebandiers avant d’arriver à Timiaouine pour remonter vers Bordj Badji Mokhtar et Tamanrasset où ils ont été interceptés, poursuivra-t-il. « Un autre groupe est parti de Niamey au Niger pour remonter jusqu’à Agadez escorté par des passeurs armés vers la frontière algérienne du côté de Aïn Guezzam, dans la perspective de rejoindre le nord du pays », ajoutera le responsable du ministère qui se demandera comment ces individus se sont retrouvés dans le Sahel et quel est leur rapport avec les groupes armés. Kacimi confirmera que ces individus ont été présentés à la justice à Tamnarasset, condamnés pour situation irrégulière et fait l’objet de décision d’expulsion. «A titre humanitaire nous leurs avons proposé de prendre contact avec les organisations de migrations internationales, ce qu’ils ont refusé» dira-t-il ajoutant que derrière cette activité il y a une logistique et des moyens. «L’on a retrouvé chez certains d’entre eux des sommes d’argent allant jusqu’à 15 000 dollars, ce qui ne correspond pas au profil du migrant». Pour lui, « il y a eu beaucoup de complicités locales dans les pays traversés », estimant qu’il y a une volonté manifeste de déstabiliser l’Algérie « par des moyens sournois ».