Les futurs cadres dirigeants des entreprises publiques vont dorénavant réfléchir à deux fois avant d’accepter un poste de responsabilité. Il est révolu le temps où un directeur faisait racine sur une même charge et qu’il ne rendait des comptes à personne. La vague de sanctions et de mise à l’écart de dizaine de hauts responsables dans les rouages de l’Etat en dit long sur ce qu’il convient maintenant de qualifier de méthode Tebboune. Dans ses discours de campagne électorale puis de président, le premier magistrat a clairement évoqué une seconde République qui ne saurait s’accommoder des dépassements de ses responsables. Après plusieurs coups de semonce, le président et son gouvernement sont passés à la phase de la responsabilisation complète des dirigeants, puis leur culpabilisation et enfin les sanctions qui vont avec.
Les walis trop bavards ou médiocrates ont d’abord essuyé les foudres du président. Les zones d’ombre qui devaient recevoir leur part de lumière sont restées dans la pénombre. Plusieurs walis n’ont pas actionné les actions prônées dans les différents Conseils des ministres, et le « laisser faire, laisser aller » était encore de mise. Trois d’entre eux ont été remerciés et d’autres ont été appelés à d’autres fonctions, les uns pour n’avoir pas pris au sérieux les directives de la tutelle, d’autres tombés dans le piège de leur propre arrogance.
« El mendjel » ne s’est pas arrêté au niveau des walis puisqu’il a éclaboussé aussi les gestionnaires de l’hydraulique. C’est ainsi que malgré les recommandations du président pour un Aïd sans problèmes hydriques, les robinets de plusieurs wilayas sont restés secs. Les sanctions le seront aussi puisque le directeur de la Seaal et 27 autres responsables régionaux seront remerciés. Et comme une lettre à la poste, les premiers de cordée d’Algérie Télecom, Algérie Poste, et Mobilis, mais pas que, ont aussi appris à leurs dépens que les Algériens ne peuvent plus se contenter d’un débit du numérique aussi rapide qu’une limace, et que les clients doivent garder toute leur dignité en allant dans une agence pour retirer leur pécule.
Les couleurs étaient annoncées bien avant l’élection du président Tebboune, elles prennent tout leur éclat depuis quelques semaines. Car maintenant si le président accorde un délai de quelques jours à un responsable pour trouver solution à un problème qui ne devait pas naître, ce sont bien quelques jours concédés, mais pas des mois, encore moins des années.
Tous les hauts responsables sont donc en parfaite connaissance des nouveaux termes de leurs contrats, et que désormais un cadre averti en vaut deux.