Le forfait de l’équipe nationale pour la 25e édition du Championnat d’Afrique de handball se précise. En effet, le Maroc a confirmé sa première intention de faire de Laâyoune et Guelmim villes hôtes du rendez-vous continental. Cela poussera inévitablement les responsables de la petite balle Dz à renoncer à jouer la compétition étant donné que Laâyoune et Guelmim font partie du territoire de la République arabe sahraouie démocratique (RASD). Des sanctions de la Confédération africaine de handball (CAHB) et de l’instance internationale de la discipline (IHF) ne sont pas à écarter.

Par Mohamed Touileb
Il y a trois mois, le président de la FAHB, Habib Labane, avait indiqué que « la participation de l’Algérie serait tributaire du site de ses rencontres» en notant que « l’Algérie pourrait se retirer de la compétition, si la FAHB programme qu’une de nos rencontres devrait se jouer dans l’une de ces villes (Laâyoune et Guelmim NDLR).»
La désignation de Laâyoune et Guelmim a été actée mardi soir en présence du patron de la CAHB, Mansour Aremo, qui était en visite d’inspection avec une délégation. Ainsi, on voit mal comment les dirigeants de la FAHB enverraient le Sept National participer à cette épreuve. Un boycott, comme ce fut toujours le cas quand des manifestations sportives sont organisées en territoires occupés, se dessine fortement tant la position de l’Algérie a toujours été claire dans l’affaire sahraouie.

Un forfait à 20.000 euros et d’éventuelles autres sanctions
Cette démarche à venir pourrait avoir de lourdes conséquences. Comme effet instantané, cela freinera la progression de la sélection coachée par Alain Portes. Manquer un tournoi majeur ne peut que casser la dynamique. En outre, la CAHB pourrait sanctionner l’équipe nationale au-delà de l’amende financière de laquelle elle devra s’acquitter estimée à 20.000 euros.
Selon l’article 47 des règlements généraux des compétitions de la CAHB, il est noté que «les équipes qualifiées pour la Coupe d’Afrique des Nations Seniors et qui déclarent forfait de non-participation pour une raison ou une autre, doivent au préalable en informer le Secrétariat de la CAHB, 3 mois avant le tirage au sort. Les raisons de leur forfait devront faire l’objet d’un rapport détaillé à la CAHB.»
Aussi, il est précisé dans l’article 48 qu’« en cas de retrait, forfait ou non parution d’une équipe nationale à l’occasion d’un championnat d’Afrique des Nations Seniors, la Fédération concernée doit payer une amende de 20 000 €.»

CAN-2024 : l’Algérie dépossédée de l’organisation ?
Par ailleurs, la décision de ne pas jouer la CAN-2022 pourrait être considéré comme refus délibéré évoqué par l’article 58 : « une équipe qui refuse délibérément de rencontrer une autre pour des raisons extrasportives (exemple : politiques, religieuses, etc.), sanction : PENALITE + DISQUALIFICATION, éventuellement expulsion du championnat » en plus de l’article 59 où il est mentionné que « la pénalité de forfait anti-statutaire est de 20 000 € à verser à la CAHB avant la réhabilitation. Notification avec P.V. à l’IHF, au CSSA et au Congrès de la CAHB.» La contestation algérienne risque donc de coûter plus que le joli chèque à 5 chiffres. La structure mondiale de la petite balle pourrait s’en mêler et la CAHB risque aussi de priver l’Algérie d’abriter la séquence 2024 de la CAN. Une édition sur laquelle la FAHB misait gros pour arracher le billet qualificatif pour les Jeux Olympique 2024 à Paris (France). Un ticket direct que seul le vainqueur du tournoi africain peut s’offrir. Abriter la manifestation augmentait sérieusement les chances de l’EN de terminer sacrée. Tout cela peut voler en éclats pour des considérations qui dépassent le sport.