A bientôt 29 ans, il compte 85 matchs avec l’équipe nationale de handball. Dans un entretien accordé à La Gazette du Fennec, Daoud Hichem a évoqué les futures échéances importantes qui attendent la sélection d’Algérie. Mondial 2021 de la discipline en Egypte (13 au 31 janvier), le tournoi qualificatif au Jeux Olympiques (TQO) 2021 de Tokyo (Japon) et la méthode de travail du sélectionneur Alain Portes, le demi-centre a évoqué tous ces points en montrant beaucoup d’ambition et d’optimisme. Il a aussi parlé des désillusions et moments forts qu’il a pu connaître depuis qu’il est devenu international en 2011.

Son plus grand regret est certainement de ne pas avoir fait partie de l’équipe qui s’était posée sur le toit de l’Afrique en 2014 en Algérie : « C’était une grande déception pour moi. Quand En 2010, L’Algérie a eu l’organisation de la CAN 2014, c’était devenu un objectif pour moi. Participer à une telle compétition, devant son public, sa famille ou ses amis, c’est grandiose. Mais à 15 jours du début de la compétition, je me suis blessé au genou. J’ai eu une rupture des ligaments croisés. C’est le Mektoub ! », a-t-il concédé. Toutefois, Daoud a reconnu que « cette blessure m’a permis d’avoir du recul sur ma carrière, d’y réfléchir plus sérieusement. C’est une expérience traumatisante, mais elle m’a permis de me renforcer mentalement et d’avoir des ambitions encore plus grandes. Je ne serai peut-être pas là aujourd’hui si je n’avais pas eu cette blessure. Un rêve qui ne s’est pas réalisé, par contre un autre rêve, celui de jouer en Europe, s’est concrétisé.»

La progression et la récompense
Celui qui a fait ses débuts à Tissemsilt a fait du chemin depuis. Aujourd’hui, il est pensionnaire de Istres Provence Handball (France). Il a grappillé les échelons brillamment pour pouvoir se mêler au hand du haut niveau. « A Tissemsilt, je commençais à me former physiquement et à quelques gestes techniques. C’est à El Biar, au contact de joueurs Internationaux, que j’ai appris la tactique et l’intelligence de jeu. À Baraki, j’ai côtoyé les meilleurs joueurs du championnat, j’ai donc appris l’exigence du haut niveau, être toujours au top, gagner le maximum de match et donc l’exigence du résultat et les gains de trophées comme but final », se rappelle-t-il.
Cette progression constante lui avait ouvert les portes de l’EN il y a 9 ans. « Ma première compétition avec l’équipe nationale c’était en 2011 lors de la coupe du monde en Suède. Mais j’avais déjà intégré les équipes nationales de jeunes où J’avais participé à plusieurs compétitions des différentes catégories comme la coupe d’Afrique des nations. Le sélectionneur de l’époque, Salah Bouchekriou, avait détecté en moi du talent. Alors il avait estimé bon de m’intégrer à l’équipe afin de le développer et de m’adapter aux exigences internationales pour être prêt le moment venu », retrace le colosse de 1m92.

Portes, « un entraîneur de grande valeur »
Aujourd’hui, celui qui joue aussi comme ailier gauche est une pièce importante avec les « Verts ». Il a pu voir défiler les coachs à la barre technique et pense que l’arrivée d’Alain Portes, qui a emmené l’Algérie sur le podium lors de la CAN-2020 en Tunisie, est importante. Pour lui, Portes est « un entraîneur de haut niveau et de grande valeur. Là où il est passé, il a réussi à gagner des titres. Il apporte un nouveau vent de fraîcheur. C’est un entraîneur français, il apporte donc la culture du handball français, qu’on connaît tous comme performante aussi bien défensivement, offensivement que tactiquement. Il apporte aussi son expérience puisqu’il a été sélectionneur en Tunisie, en France et dans les pays du Golfe. » En outre, Daoud estime que le successeur de Sofiane Haïouani « a beaucoup d’idées qu’il veut mettre en place pour notre équipe nationale. Il a aussi ce regard extérieur sur notre championnat, pour donner des conseils ou bien dénicher des talents que personne n’a encore vu. C’est tout un travail de conseils qu’il peut donner aux équipes du championnat et ainsi faire évoluer les mentalités.»

Se donner à fond au Mondial égyptien
C’est sous les ordres de Portes que lui et ses compères se rendront en Egypte pour le Championnat du Monde 2021 dans un quartet qui renferme le Portugal, le Maroc et l’Islande. Une poule assez relevée tant « le Portugal est en pente ascendante. Il s’est beaucoup amélioré ces dernières années. Il vient de finir sixième au dernier championnat d’Europe, en battant notamment la France. Le match contre eux va être très compliqué », prévoit Daoud qui juge que « contre l’Islande et le Maroc, on devrait avoir de meilleures chances de gagner. On se donnera à fond pour avoir le meilleur classement possible.» Le premier objectif sera de faire oublier cette dernière place lors de la dernière participation à la messe universelle au Qatar qui était « un vrai cauchemar pour moi. On avait une bonne équipe, on sortait d’une victoire en coupe d’Afrique, qu’on n’avait pas gagné depuis 18 ans. On était encore dans l’euphorie, la tête dans les nuages, on a oublié l’humilité et le but de notre participation. Pendant que les autres progressent, nous, on reste la tête dans les étoiles à ressasser notre victoire. Je me rappelle du premier match contre l’Égypte où on avait perdu par 14 buts d’écart. Cela nous a fait comme un coup de massue et on ne s’est pas relevé par la suite », témoignage véridique.
Les Olympiades, difficiles mais pas impossible
Après le rendez-vous égyptienne, le sept national jouera pour une place aux JO-2021 de Tokyo à l’occasion du TQO à Berlin (Allemagne) au mois de mars prochain dans un groupe où on retrouve de gros morceaux : les Allemands (4es du Mondial-2019) les Suédois (5es du Mondial-2019) les Slovènes (4es de l’Euro-2020). Une mission bien compliquée mais pour Daoud « tout tournoi doit se jouer pour être gagné, et il faut continuer sous cet état d’esprit. Un TQO, j’en ai joué il y a quelques années. On avait affronté entre autre l’Espagne et la Pologne. C’était une découverte pour moi et magique! On avait affronté les meilleurs joueurs du monde. Peut-être qu’on n’aurait pas eu cette chance même en amical.» A partir de là, « il faut donc prendre du plaisir à jouer un tel tournoi contre les meilleures équipes du monde.» Trois jours avec trois duels de haut niveau. Les chances de passer ne sont pas conséquentes. Mais sait-on jamais…