Dans cet entretien, l’expert en économie, Hamza Boughadi, indique que comme le gouvernement a limité les importations de véhicules aux voitures low cost ou à moteur moyen, 1.6, excluant les grosses cylindrées, leurs prix seront moins chers, contrairement à ce que l’on croit, que les véhicule qui ont été montés en Algérie.

Entretien réalisé par Fazil Asmar
Reporters : Le gouvernement s’attèle actuellement à la révision du système juridique, relatif à l’importation et au montage automobile, et ce, afin de répondre aux besoins des citoyens et d’asseoir une véritable base industrielle. Votre avis ?
Hamza Boughadi : Par cette initiative, on ressent que le gouvernement cherche vraiment à clôturer, cette fois, le dossier automobile. Il a commencé par les amendements apportés dans le cahier des charges destiné aux importateurs et, maintenant, par la révision du système juridique relatif à l’importation et au montage automobile. Je pense que ces actions sont le résultat des pressions que subit le gouvernement par rapport à ce dossier, au ralenti depuis plus de quatre ans. Il y a un grand retard accusé dans ce dossier qu’il faudra rattraper, sachant que le véhicule se compte parmi les outils économiques les plus exploités. Régler donc ce dossier coïncide avec l’obligation de rafraîchir et de relancer l’économie nationale.

Quels sont, à votre avis, les changements qui découleront de la révision de ce système juridique ?
Généralement, quand il y a une volonté de réviser un système juridique, c’est surtout pour alléger et simplifier des procédures administratives et bureaucratiques. On s’attend donc à une réduction d’opérations bureautiques inutiles ou à la suppression de certains dispositifs qui alourdissent actuellement les procédures dans ce secteur. Il s’agit, cela dit, de dispositifs passifs qui ne représentent aucun danger pour la sécurité des utilisateurs ni pour l’intérêt national. Cela pour le volet importation. Pour ce qui est du volet montage, je ne pense pas qu’il y aura des facilitations vu que les pouvoirs publics ont déclaré à plusieurs reprises que le montage tel qu’il est aujourd’hui nuit à l’économie nationale. Je pense donc que la révision du système juridique le concernant, c’est pour faire du montage une véritable industrie dans le secteur automobile, pour le déployer sur des bases réelles et efficaces. Dans ce cadre, de nouveaux dispositifs seront probablement intégrés pour atteindre cet objectif. Le montage doit être plus bénéfique que l’importation de véhicules à l’avenir. C’est ce que j’appellerai, moi, «un retour à la normale».

Il paraît que les prix des véhicules qui seront importés seront doublés et que la voiture ne sera plus à la portée de tous…
Dans ce contexte en rapport avec les prix, nous devons prendre en considération plusieurs facteurs. La chute drastique du dinar tout d’abord. Les différentes taxes à payer par la suite, ainsi que le nombre d’intermédiaires. Mais je ne pense pas que les prix des véhicules seront doublés pour autant. Ils seront même moins chers que ceux des voitures qui étaient montées en Algérie. N’oublions pas que l’Etat a limité les importations de véhicules aux voitures low cost ou à moteur moyen 1.6 et a exclu les grosses cylindrées. Le but est d’importer le plus grand nombre possible de voitures et à des prix raisonnables. Dans l’avenir, si le montage devient une véritable industrie comme les pouvoirs publics le prévoient, les importations seront mises en second plan. Les voitures seront moins chères que celles importées.