Par Nadir Kadi
Le président de l’Association nationale des commerçants et artisans (ANCA) Hadj Tahar Boulenouar a rassuré, hier, quant à la disponibilité des produits durant le mois de Ramadhan. Le représentant de la corporation, de passage sur les ondes de la chaine 1 de la Radio nationale, explique en ce sens que «les représentants des quatre offices nationaux responsables de l’approvisionnement en lait, fruits et légumes, céréales et viandes, mais aussi ceux des marchés de proximité, sont tous unanimes sur la disponibilité des produits durant le mois de Ramadhan».
Responsable associatif qui ajoute qu’«en contact permanent» avec les acteurs de terrain, la prévision de l’ANCA indiquerait également que «les approvisionnements seront plus importants que la demande». Une déclaration que Hadj Tahar Boulenouar appuie sur une comparaison avec le niveau de consommation enregistré durant le dernier mois de Ramadhan : «Cette année, nous estimons que 700 000 tonnes de fruits et légumes seront commercialisées alors que la consommation l’année dernière était proche de 600 000 tonnes (…) Même chose pour les viandes rouges et blanches, 110 000 à 120 000 tonnes seront commercialisées, le gouvernement ayant autorisé l’importation de viandes congelées. Je rappelle que la consommation de l’année dernière était d’environ 90 000 à 100 000 tonnes.» Le responsable de l’ANCA ajoute également que, selon ses informations, l’Office du lait compte «augmenter les approvisionnements des usines en poudre de lait», les réserves de céréales seraient quant à elles suffisantes pour plus de cinq mois de consommation.
Abordant par ailleurs la question de la spéculation et de l’augmentation des prix, le phénomène serait toutefois limité, selon Hadj Tahar Boulenouar, qui lance un appel aux consommateurs afin de rationaliser leurs achats, et ne pas créer «une fausse demande» en achetant plus que nécessaire. Responsable associatif qui ne nie, cependant, pas que certains commerçants usent de spéculation. «Dans tous les secteurs, il y a des personnes à accuser, ces quelques spéculateurs salissent l’image des commerçants (…) Mais je tiens à dire que durant cette crise de Covid-19 les commerçants ont été exemplaires et même le Président l’a dit». Le responsable de l’ANCA annonce en ce sens que la législation devrait prochainement évoluer : «Avant la fin 2021, des loi serons promulgués» pour lutter contre la spéculation, le marché noir, la concurrence déloyale la fraude… «Le meilleur moyen de lutter contre la spéculation est de supprimer les monopoles.»
Président de l’ANCA salue la décision du ministère du Commerce d’organiser durant le prochain Ramadan des expos-ventes en plus d’une période de «solde» exceptionnelle. Ces soldes devraient principalement être proposées par les commerces de vêtements : «Notre but n’est pas que tous les commerçants organisent des soldes, on espère que dans chaque quartier au moins 3 ou 4 commerces le proposent.» Même chose pour les expos-ventes où «selon les informations que j’ai, 500 espaces seront ouverts au niveau national (…) L’objectif est d’augmenter l’offre pour stabiliser les prix. C’est un moyen de lutter contre la spéculation». Quant au projet de «généraliser» le paiement par des moyens électroniques, un projet qui aurait dû être mis en œuvre dès le début 2021, il est désormais «reporté d’une année à cause de la crise sanitaire». Hadj Tahar Boulenouar fait toutefois savoir que 30 000 commerçants sont déjà partenaires du projet. «Certains ont reçu les terminaux de paiement et d’autres les recevront bientôt (…) L’une des conséquences de cette crise sanitaire est que les commerçants commencent à être convaincus de la nécessité de numériser leur activité et la recherche des clients.»