Par Milina Kouaci
Ni rupture de stock ni perturbation dans la production de l’huile de table, mais les consommateurs affluent dans les grandes surfaces pour s’approvisionner en quantité. A chaque rumeur de ruptures de stocks, c’est le même comportement qui se reproduit : prendre d’assaut les magasins, les épiceries de quartier et grandes surfaces.
Dans une déclaration à Reporters, le président de l’Association nationale des commerçants et artisans algériens (Anca) Hadj Tahar Boulanouar pointe un doigt accusateur « le comportement du consommateur », affolé par les rumeurs en dépit des assurances des producteurs et des autorités compétentes sur la disponibilité de l’huile de table en quantités suffisantes. « J’appelle les consommateurs à la rationalisation de la consommation et de ne s’approvisionner qu’en quantité habituelle et nécessaire pour chaque ménage sans excès », dit M. Boulenouar. Pour lui, l’attitude des consommateurs qui s’approvisionnent à outrance en vidant les étals des magasins encourage les opérations spéculatives. « Les achats massifs encouragent la spéculation », clame le président de l’Anaca. Mais, quand la demande est « modérée », aucun commerçant n’est apte à spéculer. Indiquant que des « spéculateurs sont parfois à l’origine des intox et des fausses alertes pour profiter des opérations spéculatives ». Lundi, les producteurs ont pourtant rassuré sur la disponibilité des stocks, de la matière première pour les cinq à six mois à venir », regrette M. Boulenouar.
« Les raisons de la spéculation sont différentes et le consommateur ne devrait pas l’appuyer par la fièvre de l’approvisionnement. J’appelle ainsi à la rationalisation des achats pour contrecarrer les pratiques illégales des spéculateurs qui s’enrichissent sur le dos des citoyens. » Il insiste : « Il n’y a pas de problème d’approvisionnement ou la moindre perturbation dans la distribution de l’huile de table ». En rappelant que l’année passée, avec le début de la propagation du coronavirus, des spéculateurs avaient profité de la forte demande sur la semoule, après des rumeurs faisant état de rupture de stock de ce produit de large consommation, et ont été largement relayés sur la toile. Il rappelle également que les prix répondent à l’offre et la demande bien que dans le cas de l’huile de table, les prix sont plafonnés par l’Etat. Il rassure ainsi sur la disponibilité de ce produit. « Les producteurs ont décidé d’augmenter la production et pas moins de 70 000 tonnes seront commercialisées pendant le mois de Ramadhan. Il en est de même pour le réseau de stockage de la matière première de la production de l’huile qui est largement suffisant pour satisfaire les besoins de la population pour les cinq à six mois à venir», conclut le président de l’Anca.