Le président de l’Association nationale des commerçants et artisans (ANCA) s’est alarmé, hier, de la poursuite des mesures de suspension des transports interurbains et souhaité que les autorités réfléchissent aux moyens de les assouplir. C’est toute une activité et ses annexes qui sont en danger, a-t-il déclaré à Reporters. «A l’association, nous comprenons parfaitement la nécessité des mesures sanitaires et de lutte contre le coronavirus, mais nous estimons qu’il est aujourd’hui possible de les adapter en fonction des succès réalisés sur ce front et par rapport à ce qui est constaté sur le terrain en termes de respect des gestes barrières», a-t-il indiqué. Selon Hadj Tahar Boulenouar, les mêmes ajustements constatés pour les transports urbains, notamment à Alger, peuvent être appliqués aux professionnels des transports de l’interurbain. «Les transports inter wilayas sont profondément affectés et c’est un segment important de la filière des services qui est impacté», a-t-il précisé. Il indique au passage qu’«il n’est pas seulement question du transport et de la circulation des personnes d’une région à l’autre, mais des marchandises également». D’après le président de l’ANCA, de nombreux transporteurs ont renoncé à leur activité et attendent une reprise normale de la circulation pour reprendre la route. Selon lui, certains de ces professionnels ne sont pas tous rassurés à l’idée de circuler même si l’Etat a pris ses précautions «en ce qui concerne la garantie d’approvisionnement des produits essentiels». On ne parle même pas des transporteurs spécialisés dans le tourisme domestique qui se retrouvent interdits d’activité en cette fin d’année alors que les vacances du réveillon sont une occasion pour faire du chiffre et limiter les dégâts», a-t-il relevé.
«Le conseil scientifique est contre la reprise du transport interurbain par crainte de propagation massive du virus, c’est une chose que nous comprenons et que nous acceptons», a-t-il déclaré, hier, à notre journal, «mais il est temps de réfléchir à un plan de reprise des activités de la route et des transports», a-t-il insisté.
Le président de l’ANCA justifie sa déclaration par la reprise du transport aérien domestique : «Le transport aérien a repris, tandis que le transport terrestre privé et public interurbain est encore suspendu. La reprise partielle du transport aérien est un indice pour la reprise du transport terrestre et ferroviaire, il faut que cette reprise soit accélérée pour éviter de nouvelles pertes financières», a-t-il dit.
D’autant, a-t-il dit, que la suspension des transports interurbains «a encouragé l’informel» et l’apparition «d’opérateurs clandestins» : «Depuis la suspension du transport interurbain, les gens sont obligés de se déplacer peu importe le moyen du transport», a-t-il expliqué. Et de s’interroger : «Comment ne pas permettre aux chauffeurs et routiers agréés de travailler alors que beaucoup de clandestins roulent normalement ?». En guise de bilan de l’année 2020, désormais placée sous le signe de la crise sanitaire et de ses conséquences désastreuses, le président de l’ANCA estime que «le seul secteur à avoir tiré son épingle du jeu est celui de l’agro-alimentaire et de la distribution». Toutefois, il constate un «fléchissement» de l’activité de consommation «peu ordinaire en cette fin d’année, mais qu’on explique par la baisse du pouvoir d’achat» des Algériens, a-t-il fait observer. «La demande des produits est très faible», a-t-il assuré et «nous avons enregistré certaines tentatives d’augmentation des produits alimentaires ces dernières semaines, mais les prix ont baissé de nouveau. Cela est dû au pouvoir d’achat du simple citoyen qui a dégringolé», a-t-il indiqué. Par contre, selon le premier responsable de l’ANCA, «le scénario d’augmentation des prix de certains produits au début d’année 2021 n’est pas loin, notamment avec l’inflation et la dépréciation du dinar».