Le Professeur de littérature à l’université de Mostaganem et chercheur associé au CRASC, le docteur Hadj Miliani, est décédé ce jeudi à Oran à l’âge de 70 ans. Il a été inhumé le lendemain dans la même ville.

Le Pr Ahmed Cheniki, un ami de longue date au défunt, lui a rendu hommage, hier, dans une publication sur facebook. Voici le texte intégral:

« TRAGIQUE

Dans tout pays, le décès d’un aussi grand intellectuel comme Hadj Miliani, aurait mobilisé presse, partis politiques et structures officielles. Miliani est malheureusement, alors qu’il enseigne dans une université algérienne, beaucoup plus connu à l’étranger que dans son pays. Comme si en Algérie, le savoir, on n’en a cure. Auteur prolifique, militant de la culture et interrogateur de la chose sociale et politique, pédagogue au long cours, il mérite tous les honneurs. J’ai assisté à ses interventions ici et à l’étranger, il n’y avait que du respect et de l’admiration. Ici, je viens, par curiosité, de parcourir, Google, rien, ni l’APS, qui semble fâchée avec la culture, la télévision gouvernementale trop étrangère aux bruissements culturels nationaux, ni les autres boites TV de statut étranger, ni aucun site, n’a repris l’information. Pour eux, tournant le dos à la dimension publique, Miliani n’existerait pas. L’ignorance se substitue au savoir. Je sais que beaucoup de journalistes, d’universitaires et de politiques ne lisent pas, ni en arabe ni en français ou dans d’autres langues, ils ne peuvent donc connaître ces rares intellectuels du pays qui produisent, malgré tout, en restant ici, marginalisés, dévalorisés, perpétuellement soupçonnés de je ne sais quel malheur. Ils sont plutôt la fierté de l’Algérie, ils n’ont que faire d’illusoires lampions. Heureusement, les réseaux sociaux sont là pour diffuser l’information. J’invite ici les gens qui l’ont connu, qui ont lu ses travaux, ouvrages, articles ou assisté à ses communications, ceux qui ont vécu son expérience du Ciné-Pop d’Oran, celles et ceux qu’il a dirigés, de parler de cet homme, de son parcours, de leurs rencontres, de ses projets scientifiques et pédagogiques et de ses combats. Ce serait extraordinaire. Ainsi, nous aurions fait acte ou déclaration d’utilité publique.Cette histoire pose la question de la vérité et de la nécessité d’accorder à la connaissance une place de choix dans un pays en crise qui n’a pas encore sérieusement démarré, faute d’une gestion intelligente. Ce qui ne semble pas évident.«