Par Sihem Bounabi
Le président de la République Abdelmadjid Tebboune a répondu favorablement aux appels, suite à l’annonce des prix du Hadj 2022 considérés comme excessifs, puisqu’il a décidé, à l’issue du Conseil des ministre du 5 juin, de subventionner les frais du pèlerinage à hauteur de 100 000 DA sur le coût total du voyage aux lieux saints de l’islam, selon un communiqué de la Présidence de la République. Il est également précisé que «le Président a donné des instructions au ministre des Transports d’indemniser les pèlerins qui ont payé le prix du billet dans le cadre du coût total du hadj».
Cette mesure prise par le président de la République sera certainement un soulagement pour les 14 000 personnes qui se sont déjà inscrites au pèlerinage de cette année et pourrait motiver d’autres pèlerins, pour lesquels il reste près de 4 700 places sur le quota de 18 697 alloué à l’Algérie cette année par l’Arabie Saoudite, tel que l’a récemment révélé le Directeur général de l’Office national du pèlerinage et de la omra (ONPO), Ahmed Slimani.
Pour rappel, après deux années de suspension à cause de la pandémie de la Covid-19, les coûts du Hadj 2022 ont été fixés à 856 100 dinars, soit une hausse de plus de 300 000 dinars par rapport à 2019.
L’annonce du prix du hadj de cette année a suscité un véritable tollé dans l’opinion publique et des différentes associations qui ont lancé de nombreux appels au président de la République d’accorder une ristourne aux pèlerins algériens qui avaient hâte d’accomplir le hadj après deux années d’attente. Ainsi, l’Association de protection et d’orientation du consommateur et de l’environnement (Apoce) a dénoncé les prix élevés et demandé des explications.
Le Directeur général de l’ONPO avait expliqué que l’augmentation des frais de hadj était prévisible vue la hausse des prix et du coût de la vie, ainsi que l’introduction par les autorités saoudiennes de nouvelles redevances sur de nombreux services à un taux allant de 5 à 15% dont les frais médicaux et l’assurance sur la Covid-19 ainsi que les nouveaux frais de visa.
Afin de remplir le nombre de places du quota algérien, avant la mesure prise par le président de la République, Ahmed Slimani a appelé les personnes encore hésitantes de profiter de la prolongation des délais d’inscription qui se poursuivent jusqu’au 8 juin prochain. Il a également rappelé la formule proposée par la Banque nationale d’Algérie (BNA), qui propose à l’occasion du hadj de cette année un crédit sans intérêts nommé «Essabil». Ce dernier peut couvrir jusqu’à 70% des frais du hadj, notamment d’hébergement, de restauration et de transport, dont le prix du billet d’avion. Le remboursement du crédit s’étale sur 24 mois avec un différé de remboursement de 3 mois, avait précisé la BNA.
Il est à noter que les premiers vols du hadj 2022 débuteront le 15 juin et se poursuivront jusqu’au 4 juillet.