Quelque deux millions de musulmans effectueront à partir de demain dimanche jusqu’à vendredi sous un soleil brûlant le grand pèlerinage annuel à La Mecque. Et les hadjis algériens semblent être en bien meilleure santé cette année que celle d’avant pour réaliser dans les meilleures conditions  le cinquième pilier de l’islam. 

Selon les services sanitaires de la mission des affaires religieuses chargée de leur accompagnement, ils sont moins nombreux à solliciter les services d’un médecin. 

Selon responsable de la délégation médicale au sein de cette mission, 8 500 pèlerins algériens ont fait une consultation contre 15 000 l’année dernière. 

Pour le docteur Rabah Hamana, la plupart des consultations l’étaient pour des soins légers : 2 310 hadjis ont été pris en charge pour des pansements, 191 ont été examinés dans leur lieu d’hébergement dans les hôtels tandis que 30 hadjis ont dû être transférés vers des hôpitaux saoudiens. Le docteur Hamana estime que la baisse du nombre de consultations s’explique par une prise de «conscience des hadjis algériens» de l’importance de leur état physique et par leur «respect des consignes et orientations qui leur ont été données en Algérie» en matière de bonne conduite et d’attitude à tenir dans un  lieu de pèlerinage réunissant plus de deux millions de personnes. 

Un point de vue conforté par celui du ministre des Affaires religieuses et des Wakfs. Mohamed Aïssa, qui se trouve actuellement en Arabie saoudite pour s’enquérir des conditions d’accueil et d’accompagnement des hadjis algériens, qui a indiqué que le service de la mission Hadj s’améliore « d’année en année ».

Pour le ministre, les moyens mobilisés par l’Etat et les efforts d’organisation consentis par la mission permettent cette année une meilleure prise en charge des pèlerins nationaux. Ainsi l’Algérie, selon le ministre, figure «parmi les pays pionniers en matière d’organisation et de prise en charge des hadjis». A côté des questions d’organisation et de logistique, si l’on peut dire, Mohamed Aïssa n’a pas manqué de délivrer en Arabie saoudite un message à forte connotation politique, en affirmant que «l’Algérie vit aujourd’hui dans la stabilité, la sécurité et la sérénité après des années difficiles dues à une mauvaise interprétation de l’Islam». Le ministre a souligné que la réconciliation nationale initiée par le président de la République a donné ses fruits et permis aux Algériens de vivre en paix et de tourner la page de la décennie noire, selon des propos rapportés par l’APS.

Il est à noter cependant qu’en dépit des affirmations de M. Aïssa selon lesquelles la prise en charge des hadjis est meilleure par rapport aux saisons de pèlerinage précédentes, des documents vidéos diffusés sur les réseaux sociaux montrent des pèlerins visiblement astreints à des conditions d’hébergement et de restauration difficiles. Ces vidéos montrent certains d’entre eux dans des couloirs d’hôtels faute de trouver une place dans les chambres et prenant des croissants au dîner. Cas isolés ? On ne le sait pas pour l’instant, mais cela pose tout de même la question des
agences de voyages spécialisées dans le «produit hadj» et leur capacité à assurer un accueil adéquat aux pèlerins.

 

2018,  un Hadj  high-tech

Après les hôtels 5 étoiles, voici venu le temps du pèlerinage « connecté » et high-tech : avec une multiplication d’applications mobiles pour aider les fidèles à accomplir leur devoir religieux dans des conditions de moins en moins comparables à ce qui se faisait dans le passé, technologie oblige. Dans ce cadre, les autorités saoudiennes ont lancé une initiative appelée « smart hajj », avec des applications pour aider les pèlerins à trouver leur chemin ou obtenir des soins médicaux d’urgence auprès du Croissant-Rouge saoudien. Les autorités sont aussi en mesure de localiser les pèlerins grâce à cette application. Le ministère du Pèlerinage gère également l’application « Manasikana », qui fournit une traduction pour les fidèles ne parlant ni arabe ni anglais. Pour se retrouver, les pèlerins bénéficient d’un nombre croissant d’applications, en différentes langues, sur leurs téléphones portables.  Plus de 1,7 million de pèlerins sont déjà sur place, ce qui fait de ce rituel un énorme défi logistique à relever.