L’Algérie a été amenée à prendre des mesures «pour tenter de réduire le phénomène migratoire à un niveau supportable», a déclaré, hier, le directeur d’études chargé de la migration au ministère de l’Intérieur, Hacène Kacimi. Il ajoutera que le gouvernement a mobilisé quelque 20 millions de dollars pour faire face à ce phénomène, derrière lequel se cachent des réseaux mafieux et même des groupes terroristes.

Lors d’une intervention à la Radio nationale, ce responsable a annoncé que d’importantes décisions pour sécuriser les frontières ont été prises lors d’un Conseil des ministres, fin mars, dont l’objectif est de faire face au flux constant des migrants sub-sahariens vers l’Algérie. Hacène Kacimi a souligné que «le flux constant d’environ 500 migrants/jour au minimum vers l’Algérie préoccupe au plus haut niveau les autorités du pays». Un phénomène qui «cache en réalité des visées d’ingérence et de militarisation des espaces». Derrière cette tendance migratoire qui est apparue se trouve «des enjeux géostratégiques très importants», a dit le représentant du ministère de l’Intérieur, qui a assuré que les wilayas du Sud «ne seront pas la Lampedusa de l’Afrique», en référence à l’île italienne en Méditerranée qui a vu l’arrivée massive de migrants causant des drames humains et une situation inextricable pour les autorités locales. Kacimi annoncera que l’Algérie a pris «toutes les dispositions pour que les localités frontalières du Sud ne se transforment pas en camp à grande échelle de migrants». Il a tenu également à rassurer les populations locales frontalières «que les personnes et les biens seront protégés quelle que soit la situation, et dans le cadre du respect des conventions internationales et des droits humains des migrants». Le responsable évoquera les risques que font peser ces mouvements d’immigration illégale, qui ont pris de l’ampleur depuis quelques années. «Nous assistons à une montée en flèche des délits et des crimes commis à travers le territoire national.»  «Sur les cinq dernières années, nous avons enregistré la condamnation de 56 000 migrants subsahariens pour crimes et délits, parmi lesquels 30 000 Maliens et 20 000 Nigériens», a-t-il noté. Ajoutant que l’Algérie prend soin de «ne pas stigmatiser les migrants et toutes les mesures pour les protéger».
Le chargé de la migration au ministère de l’Intérieur assurera que l’Algérie est en contact permanent avec les pays d’origine de ces migrants, en majorité issus de nos voisins du Sud. Pour faire face aux arrivées «constantes» et «massives» et pour une meilleure gestion du flux des migrants, Kacimi a fait savoir que des «contacts permanents» sont maintenus avec, notamment, les autorités nigériennes et maliennes pour assurer une bonne prise en charge de ce dossier, tout en ne négligeant en aucun cas l’aspect humanitaire.