« D’une manière générale, nous saluons toute initiative qui apporte un plus pour améliorer l’accès du citoyen au logement », a réagi Maâmar Boumdal, président de l’Organisation nationale des promoteurs immobiliers quant à la volonté des banques privées d’acquérir des logements promotionnels publics (LPP).

Même si pour l’instant, le ministère de l’Habitat et de l’Urbanisme ne s’est pas prononcé sur la question, notamment sur les modalités de cession et la valeur de la marge bénéficiaire dont pourraient disposer les banques sur l’opération.
Opération, rappelons-le, qui consisterait pour les banques privées, selon Mohamed Seddik Hafid, le président d’El Baraka Bank, à acquérir des logements LPP en payant les sommes dues en cash au Trésor public, « ce qui permettrait la livraison plus rapide des logements et donc leur acquisition par les souscripteurs dans de meilleurs délais », affirme le responsable de la banque islamique, qui a également évoqué un intérêt particulier de son établissement pour les crédits immobiliers accordés aux particuliers. Outre, les programmes immobiliers étatiques, l’ONPI souhaite être associée à l’initiative pour l’ensemble des projets immobiliers dans le cadre de l’accès aux financements « notamment pour permettre aux promoteurs en difficulté d’obtenir des sources de financements.
On aimerait que soit ouverte la fenêtre de facilitations de l’accès aux crédits pour permettre aux promoteurs de finaliser leurs projets avec moins de difficultés », demande Maâmar Boumdal.
Pour ce faire, le premier responsable des promoteurs immobiliers se dit prêt à engager des discussions avec les banques, mais aussi l’ABEF (Association professionnelle des banques et des établissements financiers) dans le cadre de l’étude au cas par cas des possibilités de financements. « Nous sommes un démembrement du ministère de l’Habitat, il serait normal qu’au-delà des programmes immobiliers étatiques, on puisse nous aussi être intégrés aux initiatives positives», souhaite le président de l’Onpi tout en se voulant rassurant sur la tenue des obligations de ses affiliés, «les banques ont leurs critères d’attribution et nous sommes prêts à des engagements lorsqu’il s’agira de nous faciliter l’accès aux financements », affirme-t-il. Pour sa part, Rachid Belaid, le Délégué général de l’Abef, estime que, comme ça l’est actuellement, ce sera à chaque banque de statuer sur la possibilité ou non d’accorder des crédits aux promoteurs selon l’étude de chaque cas à travers les analyses d’usage pour ce type de service. Des études qui sont axées principalement sur la possession d’agrément pour le promoteur immobilier, l’absence d’antécédents en termes d’impayés et la possession des autorisations nécessaires pour entamer leurs projets, « mais nous, en tant qu’association, nous sommes ouverts au dialogue pour transmettre les doléances des promoteurs au niveau des banques afin de remédier aux problématiques de financements auxquelles ils font face », indique le délégué de l’Abef. Concernant les banques privées qui souhaitent obtenir des quotas du programme LPP, «les banques publiques qui ont participé au financement de ces logements pourraient se sentir lésées si d’autres banques acquièrent les logements pour en tirer des bénéfices, alors qu’elles n’ont pas contribué en amont au financement du programme. Les banques qui financent le programme veulent en voir les retombées », estime le représentant de l’ABEF, même si celui-ci précise qu’une étude plus approfondie de la proposition émise par les établissements privés est nécessaire.