Le chef-lieu de wilaya était lundi dernier en effervescence. Et pour cause. L’affichage des listes des 1 305 bénéficiaires de logements sociaux a donné lieu à des attroupements monstres au niveau de plusieurs sites dont le Mechouar, El Hartoun, El Kiffane, entre autres…

où la tension était perceptible. Un vent de contestation commença à souffler sur la ville. Des citoyens en colère se sont dirigés vers le siège de la daïra situé dans le quartier de Kiffane où ils se sont massés, bloquant ainsi les issues de l’édifice public. Le lendemain, mardi, la tension est montée d’un cran. Comme d’un commun accord tacite, les contestataires se sont partagé les rôles en se donnant rendez-vous à 7h, sur deux points névralgiques. Un timing et un tronçon bien choisis, en raison du trafic routier dense qui subira une paralysie quasi-totale suite à cette incursion incontrôlée. Ceux de Boudghène, un faubourg populeux, sont descendus des hauteurs de la ville et ont investi l’entrée nord du chef-lieu, au niveau de Haï Zitoun, en formant un barrage humain. Alors que ceux du faubourg de Koudia, en l’occurrence les habitants du site précaire jouxtant l’oued, ont bloqué la RN22, à hauteur de la trémie éponyme et non loin de la gare routière de Abou Tachfine. Les forces antiémeutes (unité 304 de Remchi), la BRI et la BMPJ ont dû intervenir pour lever le blocus et rétablir la circulation automobile sur cet axe routier important. Devant le siège de la wilaya, au boulrvard Pasteur, étaient postés 4 fourgons de police et un véhicule Veto. De nombreux citoyens étaient rassemblés devant le portail, qui pour revendiquer son droit à un logement décent, qui pour protester contre l’attribution de logements à des indu bénéficiaires ; des porte-parole y faisaient le pied de grue, attendant d’être reçus par le wali. Ceci côté cour (populaire) ; quant au côté jardin (officiel), le wali Ali Benyaiche a diffusé un communiqué de presse via le site de la wilaya. Dans le texte, il est fait état de l’attribution de 1 305 logements sociaux au titre du quota destiné à la daïra de Tlemcen. A ce titre, il a été enregistré 32 000 demandes qui ont été étudiées par la commission de daïra. Selon le document, le premier responsable a reçu en audience des représentants de citoyens qui s’estiment lésés ; il a promis à ses interlocuteurs de « nettoyer » les listes contestées en recourant à toutes les voies légales pour dénicher le cas échéant les fraudeurs et chasser les indus bénéficiaires. A cet effet, il a invité les comités de quartier à apporter leur contribution en dévoilant les abus et les anomalies qui auraient entaché le processus d’attribution. A noter que l’opération de distribution des logements sociaux se poursuivra tout au long de ce mois de novembre à travers plusieurs autres communes, à savoir Mansourah, Chetouane, Ghazaouet, Ouled Mimoun, Hennaya et Remchi, en attendant le reste des collectivités locales qui sont programmées pour le début de l’année 2019, selon le communiqué. Dans ce sillage, et en marge d’un séminaire de la Cnas qui se tenait ce mardi à l’hôtel Renaissance, le wali a signalé que 42 citoyens qui viennent de bénéficier de logements sociaux à Sebdou ont été « déchus » de ce droit en précisant que les indus bénéficiaires en question vont devoir répondre de leurs fausses déclarations devant la justice. Il convient de noter que ces troubles ont intervenus à veille de la commémoration du
1er Novembre 54.
E. H. T