Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, 71 ans, a fait part aux cinq membres permanents du Conseil de sécurité de son souhait de rempiler pour un deuxième mandat de cinq ans à partir de 2022, a-t-on appris lundi de sources diplomatiques. Cette position a été exprimée auprès de la Chine, des Etats-Unis, de la France, du Royaume-Uni et de la Russie, lors d’un déjeuner organisé vendredi au sein de sa mission par l’ambassadeur chinois auprès des Nations unies, Zhang Jun, a-t-on précisé de mêmes sources. Lors de cette rencontre avec Antonio Guterres, le chef de l’ONU a aussi «brossé une vaste fresque des grands enjeux de 2021», avec la pandémie de Covid-19, la crise économique globale, la nécessité de «réconcilier l’humanité et la nature» et de mieux organiser la lutte contre «les défis contemporains» (terrorisme, cyber, etc.), a indiqué à l’AFP un diplomate sous couvert d’anonymat. Apprécié des cinq membres permanents du Conseil de sécurité, l’expression de son souhait de rester à la tête de l’ONU n’a pas suscité d’opposition particulière à ce stade, selon des diplomates. Il est traditionnel pour un secrétaire général de l’ONU de faire les deux mandats maximum autorisés à la tête de l’Organisation et le souhait exprimé par Antonio Guterres n’est pas une surprise. Avant l’élection présidentielle américaine, des ambassadeurs avaient confié à l’AFP qu’il n’entendait pas s’engager dans cette voie si Donald Trump devait être réélu à la tête des Etats-Unis. Favorisant l’unilatéralisme, la politique du président américain sortant a bridé l’action du secrétaire général, l’obligeant à tenter de limiter en permanence les entailles faites par Washington à la coopération multilatérale, moteur de l’ONU.
Plusieurs ONG ont ainsi critiqué un faible engagement apparent en faveur des droits humains, ce dont Antonio Guterres, adepte de la diplomatie en coulisses, s’est défendu, assurant qu’il en parlait au plus haut niveau lors de ses entretiens avec les dirigeants du monde.
«Si Antonio Guterres veut un 2e mandat comme chef de l’ONU, il devrait s’engager dans l’application de son appel à l’action sur les droits humains», a réagi lundi sur Twitter Louis Charbonneau de l’ONG Human Rights Watch. Le premier mandat de l’ex-Premier ministre portugais et ex-Haut commissaire des Nations unies pour les réfugiés (2005-2015), né le 30 avril 1949, arrive à échéance en décembre.
Il revient dans le courant de l’année aux membres du Conseil de sécurité et de l’Assemblée générale de l’ONU de confirmer ou non son maintien à la tête de l’Organisation.