Le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres a appelé les dirigeants sud-soudanais à respecter leur peuple, jugeant « inacceptable » l’absence d’accord entre le gouvernement et les rebelles à l’approche d’une nouvelle date-butoir pour la formation d’un gouvernement d’union. « Pensez à votre peuple, respectez votre peuple, vous n’avez pas le droit de continuer la confrontation alors que votre peuple souffre tant », a déclaré M. Guterres lors d’une conférence de presse à Addis Abeba, en marge d’un sommet de l’Union africaine qui doit avoir lieu aujourd’hui dimanche et lundi. « C’est votre responsabilité morale et politique de mettre un terme à tout cela et trouver les accords nécessaires pour que le Soudan du Sud revienne à la normalité », a-t-il ajouté. Alors que la signature d’un accord de paix en septembre 2018 a longtemps permis de réduire les combats au Soudan du Sud, une commission des droits humains de l’ONU a regretté vendredi une multiplication des violences armées et des atteintes aux droits à l’approche du 22 février, date-butoir pour la formation d’un gouvernement d’union nationale. Le président Salva Kiir et le chef rebelle Riek Machar peinent à concrétiser certaines dispositions cruciales de l’accord de paix, dont le nombre d’États régionaux et le tracé de leurs frontières.  Dans ce contexte, la formation d’un gouvernement d’union nationale, initialement prévue en mai 2019, a été reportée une première fois au 12 novembre 2019. Puis un nouveau délai de 100 jours a été accordé aux deux rivaux, qui ont depuis multiplié les réunions pour résoudre leurs différends avant la nouvelle date-butoir du 22 février. En vain. « Il est pour moi totalement inacceptable que nous approchions à nouveau de la date-butoir (…), sans qu’il y ait d’accord sur un certain nombre de points », a soutenu M. Guterres. « Il est temps que les dirigeants sud-soudanais acceptent de coopérer, et soient dignes de leur peuple fabuleux ». Le Soudan du Sud a sombré dans la guerre civile en 2013, deux ans après son indépendance du Soudan, lorsque M. Kiir, un Dinka, a accusé M. Machar, son ex-vice-président, membre de l’ethnie nuer, de fomenter un coup d’État. Le conflit, marqué par des atrocités à caractère ethnique, dont des meurtres et des viols, a fait plus de 380.000 morts et provoqué une crise humanitaire catastrophique.
Pompeo se rend pour la première fois en Afrique
Le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo se rendra en Afrique mi-février pour son premier voyage sur le continent. Sa ournée le mènera d’abord le 14 février en Allemagne, pour la conférence annuelle de Munich sur la sécurité, et se terminera par deux étapes au Moyen-Orient, a annoncé mercredi le département d’Etat américain dans un communiqué. Les 15 et 16 février, il sera à Dakar pour évoquer avec le président sénégalais Macky Sall un renforcement des relations « déjà fortes » entre les deux pays en matière de sécurité et d’économie. Le 17 février, à Luanda, il rencontrera le président angolais Joao Lourenço pour « réaffirmer le soutien des Etats-Unis aux efforts de l’Angola contre la corruption et en faveur de la démocratisation », a dit la porte-parole de la diplomatie américaine Morgan Ortagus. Il s’entretiendra aussi avec les milieux d’affaires de ce pays pétrolier.  Enfin, jusqu’au 19 février, le secrétaire d’Etat fera étape à Addis Abeba, pour rencontrer à la fois le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed, prix Nobel de la paix pour son rapprochement avec l’Erythrée voisine, et Moussa Faki Mahamat, le président de la Commission de l’Union africaine dont le siège est dans la capitale éthiopienne.
L’administration Trump n’a pas fait de l’Afrique une priorité. Rex Tillerson, prédécesseur de Mike Pompeo au département d’Etat au début du mandat du milliardaire, avait fait un voyage en Afrique en février 2018. Hasard du calendrier, il avait été limogé dès son retour aux Etats-Unis. Mike Pompeo se rendra également à Ryad du 19 au 21 février pour discuter avec les dirigeants saoudiens, proches alliés du gouvernement américain, de la crise avec l’Iran et du conflit au Yémen, mais aussi, selon sa porte-parole, des droits humains. Il passera, avant de regagner Washington, par Oman, pour rencontrer le nouveau sultan Haitham ben Tarek après le décès de son prédécesseur Qabous.