Synthèse Salim Benour
A l’initiative de deux jours de violentes manifestations durant ces derniers jours à Conakry, un Collectif suspend ses manifestations après une médiation de la communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao).
Le Front national pour la défense de la Constitution (FNDC), coalition de partis, syndicats et organisations de la société civile, a également annoncé « l’arrestation à son domicile » de son coordonnateur Oumar Sylla alias Foniké Mangué, « par des gendarmes » dans la nuit de vendredi à samedi. M. Mangué a été « conduit vers une destination inconnue », a dit samedi à l’AFP un avocat du FNDC, Abdoulaye Keita.
Le FNDC affirme dans un communiqué avoir eu vendredi « un entretien avec le président en exercice de la Cédéao, le chef d’Etat bissau-guinéen Umaro Sissoco Embalo », sur la situation en Guinée, dans son communiqué. Il « a accédé à la demande expresse » de M. Embalo « de suspendre pour une durée d’une semaine » les manifestations.
Cette trêve a pour unique objectif de donner une chance à la médiation de la Cédéao pour trouver une issue favorable à la crise en Guiné », ajoute le communiqué. Le FNDC avait appelé à des manifestations le 28 juillet et le 4 août sur tout le territoire national pour dénoncer la « gestion unilatérale de la transition » par les militaires au pouvoir. Les manifestations de jeudi 28 juillet ont fait un mort à Conakry, un bilan non confirmé par les autorités. Celles de vendredi ont fait un mort selon le parquet, quatre selon le FNDC.
Le colonel Mamady Doumbouya, qui a renversé le 5 septembre le président Alpha Condé au pouvoir depuis plus de dix ans (2010-2021), s’est engagé à remettre le pouvoir à des civils élus dans un délai de trois ans. La junte a proclamé le 13 mai l’interdiction « jusqu’aux périodes de campagne électorale » de toute manifestation, pendant les trois ans de la transition.
Au cours d’une conférence de presse avec le président français Emmanuel Macron qui était en tournée africaine, M. Embalo, a assuré avoir convaincu la junte à accélérer le retour à la démocratie. « J’étais à Conakry (…) pour faire comprendre à la junte militaire la décision du sommet des chefs d’Etat que la transition ne peut pas dépasser les 24 mois. Eux avaient proposé 36 mois, mais on a réussi à les convaincre », a-t-il dit lors d’un point de presse. En revanche, Ousmane Gaoual Diallo, ministre guinéen et porte-parole du gouvernement de transition, a indiqué à l’AFP que « ni le gouvernement ni la présidence ne confirment cette information sur la durée de la transition en Guinée ». n