Le président en exercice de l’organisation des Etats ouest-africains (Cédéao), Umaro Sissoco Embalo, a prévenu hier mercredi la pourvoir militaire de transition guinéen que le pays allait au-devant «de lourdes sanctions» s’il persistait à vouloir se maintenir au pouvoir trois ans.
Trois ans au pouvoir avant un retour de civils élus, «c’est inacceptable pour la Cédéao. Inacceptable et non négociable», a déclaré le président bissau-guinéen dans un entretien aux médias français RFI et France 24 à la veille d’un sommet extraordinaire de la Cédéao en marge de l’Assemblée générale de l’ONU à New York.
Fin juillet, le président de la Cédéao avait assuré avoir convaincu les militaires au pouvoir en Guinée Conakry, arrivés au pouvoir par un coup d’Etat en septembre 2021, de réduire la période dite de «transition» à deux ans. Non seulement les autorités n’ont jamais confirmé, mais elles ont continué à parler de 36 mois depuis lors. «J’étais là-bas, en Guinée Conakry. On a discuté. On est arrivé à un consensus (selon lequel) on ne peut pas dépasser les 24 mois», a réaffirmé M. Embalo. S’il y a maintien de ce calendrier de trois ans, il y aura des sanctions, «de lourdes sanctions même», a-t-il dit.
L’Afrique de l’Ouest a vu se succéder les coups de force militaires en moins de deux ans: ceux de 2020 et 2021 à Bamako, putsch le 5 septembre 2021 à Conakry, putsch le 24 janvier 2022 à Ouagadougou. Depuis 2020, la Cédéao, alarmée du risque de contagion dans une région vulnérable, multiplie les sommets, les médiations et les pressions pour accélérer le retour des civils à la direction de ces pays.
Le chef de file de la transition militaire en Guinée, le colonel Mamady Doumbouya, était attendu hier mercredi à Bamako où il doit rencontrer son homologue malien, le colonel Assimi Goïta. Il s’agit de sa première visite dans un pays étranger. n