Le président de la Guinée Alpha Condé a été victime, hier dimanche, d’un coup de force opéré par des éléments du Groupement des forces spéciales.

Synthèse Anis Remane
Son chef, le colonel Mamady Doumbouya, a annoncé dans un message à la radio-télévision nationale (TRG) la fermeture des frontières terrestres et aériennes du pays. De plus, il a annoncé la dissolution des institutions, la suspension de la Constitution et la création d’un Comité national pour le redressement et le développement, le CNRD. Il promet un dialogue inclusif pour écrire une nouvelle Constitution. Néanmoins, la situation était encore confuse en fin de journée au terme d’affrontements armés, notamment aux abords du palais présidentiel, entre insurgés et loyalistes. Sur une photo et une vidéo qui ont circulé sur les réseaux sociaux, on voit le président Alpha Condé chemise ouverte, assis sur un canapé et entouré de militaires des forces spéciales. Selon des sources guinéennes, les évènements ne concernaient que la presqu’île de Kaloum dans la grande banlieue de la capitale du pays, Conakry.
Pour rappel, le président Alpha Condé a été réélu à la tête de la Guinée le 18 octobre 2020 après des violences meurtrières qui ont coûté la vie à des dizaines de civils et dans un contexte de polémique sur une présumée fraude. Il a été proclamé vainqueur pour un troisième mandat consécutif à l’âge de 82 ans le 7 novembre 2020 contre son principal challenger d’alors, Cellou Dalein Diallo. La Cour constitutionnelle du pays avait jugé les recours de Cellou Dalein Diallo «mal fondés» et déclaré «régulier» le scrutin, affirmant qu’Alpha Condé avait «recueilli 2 438 815 voix, soit 59,50 %, supérieurs à la majorité absolue».
Cellou Dalein Diallo avait, de son côté, obtenu 33,5 % des suffrages, selon des chiffres qui n’ont jamais été admis par une opinion rebutée par le troisième mandat de M. Condé. Dans son discours d’investiture, ce dernier avait appelé les Guinéens à «oublier le passé». «La Guinée se fera avec tous les Guinéens», avait-il déclaré, exhortant ses concitoyens à se tourner vers un «avenir d’unité et d’espérance». «Chacun doit respecter la loi et bannir de ses propos et de ses actes la violence, afin que notre pays demeure une société de liberté et de responsabilité», avait-il averti, dans une allusion aux violences qui avaient endeuillé les manifestations organisées durant plus d’une année par l’opposition contre sa candidature à un troisième mandat. Au vu des évènements d’hier, il semble qu’il n’ait pas été écouté. A suivre. n