Un séminaire de deux jours sur les guerres de nouvelle génération est organisé depuis hier à l’école supérieure de Guerre, en 1re région militaire. L’ouverture de cette rencontre d’experts algériens civils et militaires a eu lieu avec l’assistance du chef de région et de hauts cadres de la Défense.

Elle s’est déroulée également, d’après un communiqué du MDN, en présence de ministres du gouvernement Djerad tels le chef de la diplomatie, Sabri Boukadoum, le ministre de l’Intérieur, Kamel Beldjoud, de la Justice, Belkacem Zeghmati, et de la Communication Ammar Belhimer.
Il s’est agi donc d’une rencontre à la cérémonie très fortement politique, une connotation confirmée par l’allocution d’ouverture du Général de Corps d’Armée Saïd Chanegriha, Chef d’Etat-major de l’Armée nationale populaire (ANP). M. Chanegriha, qui a relevé de manière tout aussi politique que les «défis du développement socio-économique, amorcé par l’Etat, sont lancés sous la conduite de Monsieur le président de la République», chef Suprême des Forces armées, ministre de la Défense nationale, a abordé deux sujets essentiels : «la détérioration de la situation sécuritaire dans notre environnement régional» et ses «éventuelles répercussions sur la sécurité et la stabilité» de l’Algérie en premier lieu. En second lieu, les «viles et non moins répétées tentatives de porter atteinte à la cohésion de la société».
Une allusion faite à la guerre ou à la confrontation informationnelle – ou ce qui semble être perçu ainsi selon les différentes et récentes déclarations officielles – auxquelles font face actuellement le gouvernement et le pouvoir algérien d’une manière générale à travers les réseaux sociaux et les nouveaux médias dans l’ambiance de malaise politique actuel. Un contexte marqué par la popularité de l’anniversaire du deuxième anniversaire du Hirak, le 22 février dernier.
Dans cette confrontation, il s’agit «d’œuvrer à consolider les liens de notre unité nationale et de renforcer notre cohésion et notre front interne, afin de faire face à toutes les menaces», a déclaré le chef d’Etat-major de l’ANP. Il a soutenu que «la maturité et la conscience politique dont a fait preuve le peuple algérien ont permis, dans un passé récent, de faire face, voire de déjouer ces desseins sournois». Mais «il ne faut, en aucun cas, que cela soit un objectif en lui-même, mais un moyen de renforcer davantage la vigilance et le sens patriotique, de prendre conscience de ce qui se trame contre notre pays et de se tenir prêt à faire face à toutes les éventualités et à tous les scénarios», a ajouté M. Chanegriha.
De son discours, il en ressort presque un appel à la mobilisation contre des «campagnes sournoises, qui tentent vainement de cibler notre unité nationale, notre souveraineté et notre stabilité», a-t-il encore poursuivi. Les guerres de «nouvelle génération» sont pour lui celles qui se basent sur «la propagande et la contre-propagande, à travers une stratégie d’influence sur la perception collective». «Ces guerres qui ne disent pas leur nom ont pour objectif d’accabler le régime en place et de disloquer le pays de l’intérieur, en suivant des étapes à long terme et en usant de différents moyens, y compris informationnels, économiques, sociaux et militaires», a-t-il encore souligné.
«Les conséquences de la mondialisation, a-t-il expliqué, ont contribué à la multiplication des formes et moyens de concrétisation de ces guerres, visant à induire en erreur les différentes catégories de la société, à dénaturer les faits et à faire pression sur les gouvernements». Le débat ouvert à ce sujet par l’armée est à suivre attentivement.