A l’heure où ils s’interrogent sur les capacités de la Russie à lancer de nouvelles frappes massives contre plusieurs villes d’Ukraine – une réaction qui a surpris les experts par son ampleur et incité à des questions sur le stock des missiles russes – les 30 pays de l’OTAN se sont réunis mercredi 12 octobre à Bruxelles pour un nouvelle aide militaire à Kiev. Leur réunion a été programmée dans le cadre du «groupe de contact» dirigé par les Etats-Unis et qui regroupe des pays non-membres de l’Alliance.

Synthèse Anis Remane
Cette fois, il s’agit de renforcer la défense antiaérienne ukrainienne, «la priorité», selon les commentaires autour de la réunion. A son arrivée au siège de l’Otan, le ministre ukrainien de la Défense Oleksii Reznikov n’a prononcé que quelques mots, résumant laconiquement le sujet du jour : «Systèmes de défense antiaérienne». Pour le secrétaire général de l’Otan Jens Stoltenberg au début d’une réunion des ministres de la Défense de l’Alliance, les Ukrainiens ont «un besoin urgent» de défense antiaérienne pour faire face aux bombardements russes. «Certains Alliés ont fourni de tels systèmes de défense», a-t-il souligné. «Mais les Ukrainiens ont besoin de plus». «Ils ont besoin de différents types de défense aérienne, à courte portée, à longue portée, de systèmes contre les missiles balistiques, les missiles de croisière, les drones. Différents systèmes pour différentes tâches», a-t-il expliqué. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a demandé la création d’un «bouclier» anti-aérien au dessus de l’Ukraine. Alors que son pays est à la pointe de l’aide militaire à l’Ukraine, le ministre américain de la Défense, Lloyd Austin, a assuré que les alliés continueraient à «renforcer les capacités de défense de l’Ukraine pour répondre aux besoins urgents d’aujourd’hui et à long terme». «Nous allons chercher des obus, voir comment répondre aux besoins de défense antiaérienne et antimissile des Ukrainiens», a-t-il précisé à quelques journalistes. La ministre allemande de la Défense Christine Lambrecht a néanmoins confirmé à son arrivée qu’un premier système de défense allemand de dernière génération Iris-T avait été livré à l’Ukraine. «L’an prochain, trois autres de ces systèmes de défense antiaérienne suivront», a-t-elle ajouté. «Ce sont des systèmes très complexes, de haute technologie», a-t-elle expliqué pour justifier un tel délai de livraison. «Mais nous faisons tout pour que cela se fasse aussi rapidement que possible». Les Etats-Unis ont promis le système de défense antiaérienne NASAMS, dont les deux premiers exemplaires doivent arriver prochainement en Ukraine. Ils en ont promis six de plus, mais là aussi, ce sont des équipements qui doivent être commandés à l’industrie de défense et leur livraison pourrait ne pas intervenir avant deux à trois ans. Dans l’intervalle, selon des experts occidentaux, les Alliés pourraient donc se tourner vers des équipements plus anciens comme le missile anti-aérien de fabrication américaine Hawk, dont les premières versions datent de la guerre Froide mais qui a été modernisé jusque dans les années 2000, selon des responsables américains. Les Etats-Unis ne l’utilisent plus mais ils en ont vendu des milliers d’exemplaires à de nombreux pays étrangers et ils pourraient se tourner vers ces pays pour les envoyer à l’Ukraine. L’autre priorité est «la reconstitution des stocks d’armements et de munitions des pays de l’Alliance», car ils «se sont réduits» avec les livraisons à l’Ukraine, a averti Jens Stoltenberg.
«Nous avons besoin de les reconstituer pour assurer notre défense et pouvoir continuer à soutenir l’Ukraine», a-t-il expliqué. «Nous avons de sérieux problèmes sur les stocks de munitions», a confirmé le représentant d’un pays de l’Alliance. Le chef de l’Otan a souligné que cette réunion intervenait à un «moment charnière» du conflit .n